Ecrire, écrire, mais pour faire quoi ? Dis voir ! Pour faire quoi ? On se le demande encore ? Vrai ?
Eh bien je réponds pour bayer aux corneilles, à ne pas confondre avec bailler devant le Cid. Pour rêver en somme, pour béer devant les talents divers et confondants des blogauteurs qui, s’ils ne sont pas des Corneille (heureusement) ni des corneilles, n’en sont pas moins des auteurs, des vrais, des purs, des sincères, des généreux, des marrants, des angoissés, des écorchés (oui carrément) et ils sont nombreux, incroyable la foule qui se côtoie sur l’écran de mon ordinateur, d’ailleurs ils ne peuvent pas tous entrer, impossible, ça ferait trop de monde chez moi à boire le thé des mots.
Et puis écrire aussi pour ne rien faire, pour se la jouer douce, ne pas déranger la poussière qui rayonne sur les étagères, pour blablablater à l’infini sur le fil de mes petites imageries personnelles et sur celles de tous ces invités qui respirent l’à peu près même air que moi.
Ecrire pour rire, pour de vrai, écrire pour jouer, et chanter et pleurer parfois parce que les mots sont faits pour ça, juste pour ça, pour le partage, pour confronter nos univers, nos bécots enchantés et nos revers désenchantés. Ça aide à vivre un peu, disons à exister autrement.
Ecrire encore parce que le talent est présent, que la plume démange, qu’ils s’agglutinent ces foutus mots sans qu’on n’y puisse rien, et ça on n’a pas fait exprès,
c’est la cerise sur le gâteau de la vie, pour d’autres les démangeaisons sont dans l’argile, les couleurs, la photographie, l’ébénisterie, la musique… et j’en passe, même le gentil cordonnier mon
voisin aime à triturer le cuir des semelles et le fait avec plus que sa science. Il existe bien sûr d'autres démangeaisons, mais on va rester soft pour la pudeur.
Alors j'écris pour tout ça, pour cette envie de vivre ces petits morceaux de vie avec tous mes blogauteurs. Et je les remercie ici pour hier, aujourd'hui et
demain.
Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.
Et que vogue le blog.

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