Jeux d'écriture

Dimanche 8 novembre 2009


Pour la petite fabrique d'écriture: imaginez un dialogue sur cette photo:

 




- Hé ! Petit !

- Oui ?

- Tu me déranges à chanter.

- Mais ce que je chante m’enchante.

- Je préfère le gazouillis de nos voisins rossignols, et tu gaspilles ta glotte à perturber leurs arias.

- C’est quoi des arias ?

- C’est une rivière joyeuse qui coule magique entre les herbes folles, c’est un tremblement qui atteint les étoiles, un frôlement divin qui vrille l'âme, un frémissement de tendresse qui atteint nos fibres secrètes.

- C’est le chant des oiseaux qui fait tout ça ?

- Et plus encore.

- Et toi sur ta branche tu entends la rivière magique, le frôlement des dieux,  le tremblement des étoiles et le frémissement de tes secrets ?

- J’entends tout ça, j’entends aussi le vent dans les dernières feuilles de l’arbre, le vent qui nous dit que l’éternité ne nous appartient pas, j’entends l’étrange murmure du temps qui nous fige, c’est un chuchotement qui picote et nous dit de l’écouter passer.

- Mais je ne veux pas rester à écouter le temps qui passe, moi je veux bouger, rire, danser, chanter. Je ne veux pas rester cristallisé sur cette branche sans avenir. Je veux les roses, je veux la force de l’orage, je veux grimper plus haut dans l’arbre pour regarder  l’horizon flamboyer, je veux l’amour, je veux le chant, je veux plus qu’un frémissement, un murmure, un chuchotement, je veux le mouvement et le chamboulement, je veux l’éternité dans chaque instant, je veux des baisers et de l’embrasement, je veux...

- C’est de la déraison, petit ! Hé bien, file plus haut, file plus loin si tu le peux, saute dans tes étoiles pour en saisir l’incandescence, file et apprends tous les chants du monde. Mais ne gêne plus ce qu’il me reste de joie à écouter tout ce que ces murmures me racontent de beauté et de sagesse.

 


Par polly
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Dimanche 27 septembre 2009

 

Sur une proposition  des impromptus : un évènement.

 

 

Ah ! la garce ! Le salon vide. L’appart vide, tout vide, juste une bouteille de whisky et pas même un verre ! Rien ! Le désert ! Tout emporté ! Pas une seule chaise, pas une assiette, ni savon, elle a embarqué jusqu’à mon rasoir. J’sais bien qu’elle s’en servait depuis que je lui avais dit qu’elle avait la barbe qui poussait, mais je faisais de l’humour, hein ! C’était pas vachard, juste qu’elle vieillissait un peu quoi ! Pas la peine d’en faire un drame, et pi j’suis partageux, j’ai permis qu’elle emprunte. C’est comme pour son anniv’, elle voulait un endroit où elle allait pas souvent, je lui ai montré la cuisine, mais c’était juste pour rire, elle s’est foutue en rogne et m’a cogné dessus, j’ai cogné pareil, bordel ! Mais c’était pas méchant, on a fini au lit avec force et fracas.


Et pi l’autre soir à la fête chez nunuche, ça se l’est joué grave ! Y avait ce gros tas qui buvait et qu’elle avait la larme et qu’elle racontait qu’il s’était pas remis d’puis qu’elle l’avait largué. Une vieille histoire à elle, un truc qu’elle disait juste pour que ça me retourne. J’ai pris l’sourire blindé, j’lui ai balancé que j’savais pas qu’on pouvait fêter ça si longtemps. J’ai eu son verre dans la poire, j’lui ai mis une beigne qui l’a fait valser loin, fallait bien que ça arrive. Mais elle a du ressort, elle a pris la bouteille et m’a fendu le crâne. J’avais du sang partout, j’ai fini à l’hosto. Pas que j’sois une mauviette, mais l’sang ça m’ renverse, surtout quand c’est le mien.


Et main'nant j’suis comme un con dans ce salon vide avec cette bouteille presque vide.


La garce ! Elle aurait pu en laisser deux.

 

 

 

 

Nombreux sont les textes qui m'ont touchée sur cette consigne, mais il en est un qui m'a particulièrement émue: c'est celui de Poupoune que vous pouvez lire ICI.

 

 


Par polly
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Dimanche 7 juin 2009

Pour la petite fabrique d'écriture le thème de la quinzaine: devinette.




- Il n'est pas là.

- C'est un absent ?

- Parfois, mais parfois on ne l'oublie pas pour éviter les hurlements.

- Il empêche les larmes ?

- Il calme doucement les nuits fragiles.

- Il est donc utile à la nuit ?

- Pas seulement, le besoin de le tenir, c'est garder près de soi un familier trésor qui pallie le départ.

- On revient à l'absence.

- Pas forcément car il console aussi même si tout son monde est là.

- C'est un objet alors ?

- Un objet pour les autres, il est bien plus pour celui à qui il appartient.

- Est-il en tissu ?

- Pas toujours.

- En couleur ?

- Certains sont ternes, d'autres bariolés.

- De quelle taille ?

- Généralement pas très gros, il se transporte très facilement.

- Il est souple ? rigide ?

- On peut souvent le tordre dans tous les sens.

- Il se lave ?

- On ne peut le laver sans drame, il transporte des odeurs très variées qui vont du parfum d'une femme au pipi du chaton.

- Je donne ma langue à ce chat.

- C'est un pala ?

- Un pala ?

- C'est ainsi que l'enfant le réclame à force de s'entendre dire qu'il n'est pas là.






Par polly
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Mercredi 20 mai 2009

 


recette pour la petite fabrique d'écriture.

 

Tourbillonnez dans les prés

Traversez les champs de blé

Cueillez romarin ou laurier

Thym  sauge ou sorbier

Faites un bouquet étonnant

De tous vos sentiments

Parsemez-les à tous vents

Salez poivrez tous vos instants

Ecumez les sentiers de saveurs

Epicez vos sourires votre cœur

Touillez quelquefois l'horizon

Ajoutez une pincée de frissons

Juste une larme de désêtre

Versez le tout dans votre lettre

Parfumez aux senteurs adorés

Et décorez de doux baisers

Enfournez dans la cuisante absence

Pendant que gonfle en silence

Le désir aiguisé de l'attente

Qui ne saurait être lente

Si vous savez qu'à son retour

Vous goûterez tout son amour

 

 

 

Comme cette recette est un peu douce, je me propose un rendez-vous chez eux,
car ajouter un peu de rire ne nuit jamais à l'absence.


 

 


 


Par polly
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Mardi 5 mai 2009

Pour la petite fabrique d'écriture, le thème de la quinzaine: cette dame à la terrasse (photo prêtée par Azalaïs).




 


- Brûlante j't'dis !

- J'y crois pas !

- Brûlante.

- Elle est coincée avec son verre. Une bourge !

- Ouais, ça en a pas l'air comme ça, sous le bronze, mais brûlante, j'te dis.

- C'est pourtant pas ton genre, tu aimes plutôt les rondeurs.

- Ouais, mais cette rencontre, j'te raconte pas ! ça rien à voir avec le reste. Un volcan celle-là !

- Mais où tu l'as trouvée ?

- Elle est venue chez moi.

- Comme ça sans prévenir ?

- Ben ouais ! j'commence à m'faire une réputation dans le quartier.

- Et t'as accepté ?

- Elle payait bien !

- J'en reviens pas ! Elle est raide comme une pique, et ce tailleur pas un pli ! C'est pas ce que t'as réussi de mieux.

- Ah ! bon ! t'aimes pas ?

- Bien trop rigide pour moi, ça manque de souplesse.

- Ouais, en apparence, j'te dis, en apparence parce que... fiou ! Pire que l'Etna. Surtout quand je l'ai travaillée, l'était encore tiède, pas pu attendre qu'elle refroidisse complètement. T'imagine pas comme j'étais en urgence après la coulée.

- J'ai beau la regarder, j'imagine pas.

- C'est que tu connais pas la technique. Après je l'ai ciselée, lissée, patinée comme on caresse.  J'ai jamais ressenti ça avant. Le bronze c'est quelque chose ! De belles sensations ! Mais c'est un sacré boulot, et pi les détails, hein ? t'as regardé les détails ?

- Un sourire à la..

- Qu'est-ce qu'il a son sourire ?

- Plutôt narquois.

- N'importe quoi ! Regarde les yeux,  regarde comme ils pétillent.

- C'est le champagne.

- C'est de la braise les yeux, de la braise.

- Ah !

- Bon ! Je vois que tu comprends rien. Mais il faut livrer, c'est lourd.

- Livrer ?

- Ben ouais ! Je t'ai pas fait venir pour  tes commentaires, t'auras ton pourboire. Elle paie bien j'te dis. C'est sa commande, on va pas laisser mon chef d'œuvre sur cette terrasse.

 


Par polly
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Samedi 28 février 2009


Pour la petite fabrique le thème de la quinzaine: une gare, un port, un aéroport...


Je ne sais pas comment je connais à l'avance le jour de son retour, mais c'est un fait avéré, je suis sur le qui-vive dès l'aurore. Je trouve toujours le moyen de me faufiler, elle n'est pas toujours très vigilante la compagne de mon commandant, et si par hasard elle fait attention, il suffit d'une visite de la voisine ou d'un ami distrait et me voilà dehors.


Ensuite il faut que je courre jusqu'à St Ex, je connais tous les raccourcis, mais un moment je suis obligé de traverser cette infâme autoroute, et là c'est la valse des incertitudes : je recule, j'avance, je piaffe d'impatience puis je bondis. Je ne cherche pas à savoir comment j'échappe à la file assassine de tous ces compressés pathétiques.


Quand j'arrive à l'aéroport c'est gagné, tout le monde me connaît à part quelques nouveaux qui me coursent pour me virer mais à qui on fait la leçon. Je viens chercher mon commandant, c'est un vrai laissez-passer. Et ils semblent épatés parce que je suis toujours à l'heure et que je me dirige d'un pas souple et sûr vers la bonne porte de débarquement. J'aperçois la rousse Maeva qui me fait un joli coucou de sa main blanche ; si je n'avais pas le commandant, j'irais bien me blottir contre elle, elle sent la muscade et la cannelle et j'adore.

J'ai bien essayé de les rapprocher ces deux-là, ça m'aurait plu, mais j'ai juste réussi à entortiller ma laisse autour de leurs jambes ce qui a provoqué une chute qu'ils n'ont pas aimée du tout, ils doivent avoir des odeurs incompatibles, va savoir ! ils étaient très fâchés contre moi.


Aujourd'hui, comme d'habitude, je ne me trompe pas, j'emprunte la porte C et me trouve très vite au pont de débarquement. Je sais ça d'instinct, et je vois bien que j'en surprends plus d'un, mais je passe avec ma belle indifférence devant leur étonnement et leurs rires.


Evidemment il arrive le dernier, il me gronde d'être là et d'avoir bravé tous les dangers. Je gémis un peu pour qu'il ait pitié et pose mes deux pattes contre lui. Quand il se penche avec sa fausse mine contrite et dans les yeux tout son bonheur de me voir, j'en profite pour lui donner une léchouille de tendresse. Il râle mais me caresse juste là où j'aime, derrière l'oreille gauche. Ensuite il sort la laisse de son sac, et l'accroche.


Puis fièrement, liés l'un à l'autre, nous traversons l'aéroport.


Par polly
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Mercredi 25 février 2009

Pour la gazette, le jeu mystério: la lettre du futur.


25 février 2025


Tite mère,


Je suis dans la panade totale, si tu lis cette lettre, c'est que vraiment il est possible de faire quelque chose, entre là où je suis et là où tu es... et puis si tu la reçois c'est que la poste fonctionne dans une dimension inter temporelle ... en fait j'y crois pas trop, mais je vais tenter j'ai rien à perdre et fou pour fou, tant qu'à faire ! Je t'expliquerai à quoi j'ai pensé pour l'envoi pour que tu fasses pareil à l'envers.

Heureusement que j'ai encore de la mémoire pour ton adresse. Je suis pourtant allé jusque chez toi, mais personne te connaissait plus là-bas, j'espère que t'es pas morte, parce que ça me foutrait trop par terre. Mais en 2009 t'étais en pleine forme alors je peux espérer.

Je sais pas comment je suis arrivé en 2025, je me souviens seulement que j'étais sur mes skis, que j'ai glissé et que je suis tombé dans cette foutue crevasse.

Quand je me suis réveillé, j'étais dans un blockhaus infect avec des seringues partout et un engin bizarre sur la gueule. On m'a expliqué mon accident et mon coma puis j'ai vu arriver ma soi-disant épouse et deux mômes que je ne connais même pas. Imagine le choc ! On m'a dit que c'était courant l'amnésie, mais je ne suis pas amnésique. Quand je me suis vu dans le miroir j'ai bien compris que j'avais drôlement vieilli, mais j'ai pensé que c'était à cause de l'accident. Et puis le monde est pourri à fond ! pire qu'avant, on est obligé de vivre avec des masques, sinon tu crèves tout de suite. Une bonne nouvelle quand même la population s'est réduite de moitié, virus et pollution ont fini par avoir gain de cause.

Seize ans de ma vie envolés, et accompagné d'une nana que je ne me serais même pas retourné sur elle et deux petits monstres épouvantables que je te jure que t'en voudrais pas pour petits enfants, ils ne savent que hurler, trépigner et jouer à des trucs que j'aurais jamais pensé qu'un jour on pourrait, même si déjà les jeux étaient costauds sur les consoles.

Mais c'est là qu'est la faille. Je poste virtuellement dans un de ces jeux débiles mais qui proposent une machine à remonter le temps, alors peut-être tu recevras ma lettre. Je me suis entraîné un peu, toi tu pourras le faire aussi, demande à ta voisine je me souviens qu'elle avait un fils totalement accroc à ce genre de trucs, il trouvera sûrement à utiliser ce jeu que tu reçois avec ma lettre. Là, je croise les doigts pour qu'il soit encore vivant lui aussi !

J'ai pas tout compris en ce qui concerne l'espace et le temps, mais ça devrait marcher ... enfin j'espère.

Pour l'instant je ne sais pas si moi tout entier je pourrais traverser, mais qui sait ? J'ai bien traversé d'un côté, je pourrais peut-être de l'autre.

Ma tite mère adorée, je t'en prie sors-moi de ce bordel d'enfer ou je vais exploser ! Je veux retrouver l'âge d'avant.


Je te serre très fort, maman.

 




 

Par polly
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Samedi 7 février 2009

Pour la petite fabrique: une grande dame.



Pour moi elle a toujours été vieille et insignifiante, une toute petite bonne femme grise et noire aux longs cheveux blancs noués en chignon sur la nuque. Elle était là dans mon enfance à s'occuper de mes deux grands cousins. Une petite souris discrète qui chantait parfois aux réunions familiales. Elle me paraissait tellement éteinte, presque muette. C'est bien plus tard que j'ai compris combien elle avait passé sa propre vie sous silence pour s'occuper des siens.


Jeune fille elle a peut-être aimé, mais il a dû passer à côté d'elle sans la regarder tant elle était peu attirante avec ses dents de cheval et ses yeux tombant. Sa mère a sans aucun doute entravé toute tentative amoureuse, elle avait trop besoin de sa grande fille serviable, d'ailleurs un seul de ses cinq enfants s'est marié, sa benjamine et qui a si mal fini, avec ce mari voyageur, et qui a quitté le monde laissant trois orphelins dont le dernier avait à peine 18 mois.


Jeanne va les prendre sous son aile affectueuse et les protéger souvent de la rigueur éducative de la mère. Elle va, en cette époque difficile, poursuivre son petit rôle de servante dévouée pour leur permettre de grandir, et courir les petits travaux pour compléter les faibles ressources familiales. Quand ils seront adultes, elle tentera de s'éloigner du giron despotique, surtout après les décès successifs de ses frères, de son père. Mais elle revient près du tyran maternel et trouve la force de le soigner jusqu'au bout.


Et quand un de ses neveux se trouve en grande difficulté elle accourt pour les deux enfants survivants dont il ne peut prendre la charge.


C'est ainsi que je l'ai connue, toute blanche déjà, si petite et silencieuse, les yeux sans larme parce qu'elle les avait déjà toutes versées et des livres sur les genoux, Victor Hugo dont elle sut longtemps déclamer quelques poèmes.


Jeanne s'en est allée petitement comme elle vécut. Le dernier de ses neveux encore en vie décida qu'elle ne pouvait plus rester seule, elle tombait sans cesse de son grand lit solitaire. A l'hospice elle ne dura qu'une semaine, sans gémir comme à son habitude.


Lorsque j'ai lu Félicité de Flaubert elle m'est revenue toute entière cette grande tante qui ne s'occupa jamais d'elle. Est-ce pour autant une grande dame ? Je crois que personne ne l'aurait qualifiée ainsi. Mais pour moi avec le temps qui a passé, le temps qui a compris qu'aucune n'est grande ni petite seulement que certaines un peu plus que d'autres ne savent vivre pour elles, elle devient dans mon souvenir plus grande que dans mon enfance, peut-être parce que j'ai entendu souvent qu'il n'y avait pas plus grand cœur qu'elle : un cœur simple écrirait Flaubert.



Par polly
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Dimanche 4 janvier 2009


Pour la petite fabrique sur le thème de l'hiver...

 


-    T'es qu'un pauv'gnouf ! dit-il avec un rot bien senti qui ne dérangea pas le corniaud couché à ses pieds.

Et de rasade en rasade il se coucha sur le pavé gelé, s'emmitouflant dans une vieille couverture délabrée. Plus loin sur la chaussée des voitures passaient sans soupirer.  C'est plus tard que la lèche râpeuse du chien sur sa joue, son œil,  son front et ses gémissements le réveillèrent. Il avait froid. Ils avaient froid.

Alors il se leva, gardant sur ses épaules l'infâme couverture, tirant son sac derrière lui et son chien aussi. Il titubait de beuverie, de froid, de faim, mais il fallait marcher, leur vie était à ce prix.

Il vit des flammes sur le quai du fleuve, sous le pont. Il s'approcha du gros bidon empli de vieux papiers qui puaient l'huile. Quelques ombres se chauffaient près de lui. Le corniaud se cala la langue pendante l'œil rassuré.

Une jeune femme serrait contre elle un sac inerte, son regard était creux comme le ventre qui avait sans doute tant crié qu'il ne ressentait  plus rien.

Après quelques minutes à se chauffer, il s'approcha d'un corps qui dormait en souleva un coin de couverture et se mit à hurler alertant tous les hommes pourtant si occupés  à rester immobiles et debout devant la flamme.

-    Sale fumier! Je savais que je te retrouverais !

Et pour accentuer ses paroles il donna des coups de pied dans le ventre qui brâillait. La femme le regarda l'œil vitreux, un vieillard vint le tenir, il s'échauffa d'autant plus, expliquant que ce pouilleux l'avait dépouillé. Le pouilleux se mit à quatre pattes et pendant que l'excité était maintenu fermement par plusieurs bras, il put s'enfuir d'abord à genoux en tirant sa sacoche puis se levant, il cria qu'il n'avait rien fait. Il disparut dans l'escalier sombre.

L'algarade les avait réchauffés, l'un d'eux sortit de son sac une bouteille encore pleine et elle tourna de bouche en bouche. La femme en prit une goulée comme si elle tétait du lait. On se saisit de la bouteille avant qu'elle ne l'achève. Elle s'effondra sur elle-même enveloppant le baluchon toujours bien calé sur son ventre.

Elle se berçait.

-    Qui c'est celle-là, demanda-t-il regardant son  corniaud attendri la consoler et lui lécher les joues.

  -    Une qui n'a plus rien, même son petit l'est mort dans ses bras, elle veut pas le lâcher

Par polly
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Vendredi 21 novembre 2008

Pour les impromptus.



Les mots dansaient devant mes yeux. Sur l'écran du téléphone ce "je sais tout", venu de je ne sais où, brillaient d'une intensité telle qu'elle brûlait mes yeux. Mes prunelles écartelées par ce feu allumé à l'intérieur du crâne se consumaient de peur. Elle se leva, me caressa le dos, me serra contre son corps chaud. Je lui tendis le téléphone et je vis ses pommettes ébranlées, sa bouche affaissée, son regard affaibli. Je vis tout ça en une fraction de seconde.


Les mots dansaient devant ses yeux, ses lèvres asséchées se craquelaient devant l'intensité de ce "je sais tout" qui nous terrifiait. Nos regards brûlés de désespoir se détachèrent, nos mains s'activèrent sur les derniers préparatifs. Nos corps se serrèrent une dernière fois, et d'un pas vacillant  nous nous dirigeâmes vers le train qui conduisait au centre de Moscou.


Nous avions été choisis pour cette mission, le code était clair, on nous attendait.

Bientôt, les caméras du monde entier seraient braquées sur la Douma.

Demain n'existait plus.

Par polly
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juste pour vous...


Sur les conseils de

Quichottine, j'ai créé une page juste pour vous.
Si vous n'avez pas le temps, ou que le billet ne vous intéresse pas, ou que vous n'avez pas envie pour l'instant, vous avez peut-être quelque chose à me murmurer...
c'est
ici.

intro


Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.

 

Et que vogue le blog.


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parce que les méthodes policières pour vos enfants, c'est aussi ça: écoutez....

 
Ceux qui luttent ne sont pas certains de gagner, mais ceux qui ne luttent pas sont déjà sûrs d'avoir perdu.







L'argent-dette
si vous avez une petite heure devant vous et que vous voulez comprendre ce que représente l'argent aujourd'hui, je vous conseille une petite visite sur ce site:
http://vimeo.com/1711304





n'oubliez pas... on a besoin de sang:
dondusang.net/afficherAccueil.do

édition....

Sceau1.gif  0042813




tous les bénéfices sont versés à
 ATD quart monde
 


 
Acheter le cadeau inattendu Je ne veux pas vous tromper sur la
marchandise, vous trouverez toutes les nouvelles éditées sur ce blog, mais vous pouvez préférer la version papier, et dans ce cas vous aidez l'association que j'ai choisie pour cet ouvrage.



le petit dernier: à l'ombre de Wotan.
C'est le scénario 2009.
Les bénéfices iront au CYPIEE, à l'équipe de tournage
pour un peu d'équipement.


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