humeurs

Jeudi 3 décembre 2009 4 03 12 2009 18:28

J'ai un vieux poteau, pas de l'enfance mais pas loin; il donne parfois des nouvelles, quand il n'est pas sur son vélo dans la Cordillère des Andes, en Afrique ou ailleurs...
Il habite une île dans les montagnes, oui, ça existe, un trou du cul des cimes qui lui fait des farces.
C'est quand même le seul rescapé, jusqu'à ce jour, à être resté plus de 20 minutes sous une avalanche en très bonne santé.
Remarquez, ça fait des siècles qu'il nous en fait des comme ça, je me souviens d'un pont aussi.
Il était en tête du tour du Limousin, pas loin de l'arrivée, on ne sait toujours pas ce qui lui est passé par la tête, il a raté le pont. Une chute impressionnante dans une rivière.
On a bien cru que...
Un bras cassé!
Puis il y eut la moto... et tant d'autres ratages!

Je sais qu'il est toujours vivant.
Hier, il m'envoyait quelques photos d'arbres.
Je partage joyeusement, avec ses commentaires.




Identité nationale: vous avez dit racines?



Certains n'ont pas de racines, d'autres pas de terres... Faut s'accrocher!



Casse-toi pauvre tronc!
Il s'est cassé, puis
est revenu,


lalalère... bisous Yves.








Par polly - Publié dans : humeurs - Communauté : La gazette des blogs
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 10 2009 22:00

toile de Joëlle.

 

 

 

C’était un ciel d’orage

La louve sur la colline s’assit et attendit

Dans les zébrures de rage

Le soleil écartait en mille faisceaux ravis

Le plomb des lourds nuages

 

Elle regardait au loin, dans la vallée défaite, les falaises séchées par des étés sans fin.

Ses os se devinaient sous le pelage rare, elle raclait  pour survivre, dans ce ravage fou, la graine près du rocher, la racine sous la pierre.

Elle humait la vallée de sa truffe affaiblie et en cherchait les brumes de la combe perdue.

Son regard se troubla quand elle sentit la pluie, elle sut à l’instant même qu’elle ne suffirait plus.

Elle vit tous les moments de ses années de lutte, ses petits morts sous elle de n’avoir plus de lait, les compagnons meurtris ou tués par des brutes.


Elle entendit en elle le dernier chant de l’eau et se souvint soudain des cascades joyeuses, la pluie rythmant sur le gris du manteau les partitions d’antan des prairies giboyeuses.

 

 

Ce fut un ciel vidé du plus terrible orage

La louve sur la colline se coucha fatiguée

Dans sa brûlure violente insouciante volage

Le soleil reprenait toute entière la vallée

Où un lac brilla comme un dernier mirage

 

 


Par polly - Publié dans : humeurs - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 10 2009 09:12

Pas de plume en ce moment, pas de temps peut-être aussi,
un peu à la course surtout dans les montagnes.


Alors je vous propose mes petits clichés automnaux,
sur de petits sommets tranquilles.






Par polly - Publié dans : humeurs - Communauté : La gazette des blogs
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 10 2009 07:12


J'ai terminé la lecture d'un roman la semaine dernière. Je l'ai terminé mais il est encore en moi.

Et si j'en fais l'article, ce n'est pas seulement que c'est le premier roman de Schizozote (j'avais déjà parlé de son talent ICI) mais que je porte la force de son récit.

Alors ne m'en voulez pas si je l'encense ainsi, c'est qu'il remue encore beaucoup.

 

 

On ne boit pas les rats-kangourous.


Je ne savais même pas que ça existait ces rats qui sautent comme les kangourous, je ne savais même pas qu’on pouvait imaginer les boire, même si on a très soif et si chaud le jour, et si froid la nuit, et si froid dans le dedans des corps des hommes qui habitent ce trou du cul du monde. Je ne savais même pas qu’on pouvait rester bloqué comme ça, physiquement, dans cet enfer de téquila, de vodka et de whisky et tout ce qui dépasse les 40° de la folie ordinaire.

Je l’ai appris dans ce récit d’Estelle Nollet, avec des mots à vous tordre les boyaux et vous réveiller la cervelle sur le tragique de la condition des vivants.

Heureusement, il y a Willie, le narrateur, 25 ans, qui veut comprendre pourquoi on reste. Lui, qui est né là, interroge chacun sur les raisons pour lesquelles il s’est calé dans ce désert de nulle part dont on ne peut sortir. Heureusement il y a Doug, son ami, né la même année, qui est un peu dans une bulle ou plutôt dans les trous qu’ils creusent ; il n’est pas bien fini, qu’ils disent les autres, il lui manque une case, à moins qu’il n’ait des cases qui tracent d’autres chemins.

Un jour, il faut choisir, un jour il faut faire mieux que la fumée de cigarette, il faut vivre, et « vivre, c’est résister au chaos », dit une femme à Willie, ce chaos intérieur qui disloque. Il faut donc arracher les hardes du désespoir afin qu’un chemin s’ouvre sur les possibles de demain.

Alors, on est là à suivre les culpabilités des uns et des autres. On est là avec Willie qui faiblit parfois, puis écoute ce que lui dit Monsieur Den, le muet. On est là qui allons veiller sur la santé du jeune coyote rescapé de la faim, on est là à chercher à comprendre ce que veut ce vieil homme dans la montagne, et pourquoi les autres n’ont jamais trouvé la route pour partir, et qui les ravitaille puisqu’on ne peut sortir. On est là à découvrir dans ce désert cruel qu’il suffit de la folie d’un seul pour que tous soient contaminés.

Et peut-être bien qu’il en est ainsi des sapiens, coincés par leurs propres limites, affaiblis par leur culpabilité, qui permettent à Thanatos de les ronger à petit feu alcoolisé. Peut-être bien qu’ici, ce n’est qu’allégorie du désastre.

Sauf que Willie et quelques autres retrouvent une vitalité qu’on leur avait volée, ce n’est peut-être pas suffisant, mais ils résistent.

Et nous avec eux.

 

« On ne boit pas les rats-kangourous » en effet, mais ils sont les sacrifiés pour qu’un jeune coyote apprenne l’autonomie, et pas seulement le coyote, tous ceux qui sont encore liés au désir. Et parfois l’autonomie ça fait très mal, surtout avec les mots qui frappent et l’écriture si personnelle d’Estelle Nollet qui vous fend le creux du cœur.

 

Si j’ai quitté ce désert, je le retrouve encore partout, avec un peu plus de calme en moi parce que ce n’est pas un roman désespéré, on peut trouver une sortie, il suffit de se positionner autrement, d’élargir son horizon, d’écouter les souffrances, de comprendre, de compatir aussi. C’est un regard lucide sur ce que sont les hommes quand ils restent enfermés dans leur trou du cul. Ces démunis ne sont habités que par leur détresse qu’ils noient dans la crasse d’un bar, sauf qu’un jour, l’un d’eux décide qu’il peut en être autrement. Et c’est dans cet « autrement » qu’il faut suivre l’empathie d’Estelle Nollet pour tous les vivants fragiles, ceux que la vie a abîmés, ceux qui sont à la merci de la convoitise humaine, ceux qui, malgré tout, luttent, tel ce jeune coyote, tel Willie, tels Blanca, Horace, Martha, et quelques autres.

 

Et voilà pourquoi ce roman je ne l’ai pas lâché, que ses ombres me poursuivent encore, qu’elles s’agitent autour de moi, en moi et qu’elles me racontent encore leur histoire.

 

 

 voir l'interview d'Estelle par l'éditeur


  autres articles

Ici,

Ici 

ou là

ou encore là...


Par polly - Publié dans : humeurs - Communauté : La gazette des blogs
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Dimanche 15 mars 2009 7 15 03 2009 00:03

  Impossible pour moi de tout mener de front le tournage de notre fiction-vidéo et la dernière cuvée des fabuleux  programmes bac qui me transportent dans de nouvelles dimensions didactiques.

   De plus je dois me faire adopter par Berny, mâle de 10 ans dont je suis sous le charme,  ce qui demande une grande disponibilité.





  Comme j'ai aussi une grosse pile de livres à lire, comme je pars une semaine à St Malo avec mes élèves (voir ici le blog d'échange), comme mes vacances seront très occupées je sacrifie  l'écriture sur le blog, et je ne sais pas pour combien de temps.

   Mais je reste fidèle à la petite fabrique d'écriture que je continuerai d'administrer avec Azalaïs, et je me proménerai encore dans vos allées.



   Pour ne pas endormir tout à fait le blog, je republierai des textes de ci de là, et promis je laisserai quelques photos du tournage, histoire de garder du lien.

En voici trois:

répétition

visionnage d'une prise réussie.

les acteurs

Il faudra un jour que je vous raconte une journée de tournage:
cette année comme l'an dernier, nous avons commencé par la fin.


Quant au scénario que j'ai écrit l'an dernier, j'en dois la première idée à
Roland au mille vies.

Le début est ici.
Enfin presque le début.
Et vous pourrez dans quelques semaines avoir quelques extraits vidéo sur le site du cypiée: ici.


Ne désertez pas trop, les allées restent à votre dispostion,
et laissez-moi quelquefois une trace.

à bientôt.



Par polly - Publié dans : humeurs - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 10 mars 2009 2 10 03 2009 12:25

pour la petite fabrique: la ligne.


La silhouette se balance puis s'équilibre sur la ligne fragile qui raille le ciel triste. Elle joue des pas de chat l'acrobate aérienne, les pieds qui explorent la ligne tendue.


Et nos mains qui tremblent, nos yeux qui attendent la chute fatidique.


Sur la ligne maléfique elle promène dans la nue comme une blessure entre les façades grises.

Dans son tutu mélancolique elle glisse prestement sur la ligne qui traverse des peurs, des désirs.


Et nos mains qui tremblent, nos yeux qui attendent la chute fatidique


Elle danse sur le fil et virevolte têtue comme une marionnette sur la ligne qui vibre, le pied qui dérape, des cris dans la foule, les doigts qui attrapent, son regard qui sourit.


Et nos mains se taisent, et nos yeux désertent. Le jeu est fini.







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Dimanche 22 février 2009 7 22 02 2009 21:22

parce que c'est elle et que c'est lui,
et que tous deux c'est de la tendresse qui déborde
...






Par polly - Publié dans : humeurs - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mercredi 11 février 2009 3 11 02 2009 22:26


 

Sido

m'a gracieusement prêté une de ses photographies artistiques que j'ai trouvée hier chez elle et qui dit presque exactement ce que j'exprime dans mon texte. Je vous laisse retrouver mes sensations avec son regard personnel et vous incite vivement à découvrir son univers poétique.




Des traces sur l'immaculé s'enfuient vers l'infini du blanc, le vent étire sur les toits sa musique stridente, cette poussière floconneuse vole au-dessus des talus frileux et glace les branches de givre.

C'est la neige moqueuse qui s'ébroue sur la ville endormie et se complaît en tourbillons insolents sur la montagne grise.


Elle glace les membres de quelques égarés qui cherchent refuge dans des abris de fortune et s'enroulent amoindris dans leurs vêtements élimés.

Elle glace les pelages roux qui dans la forêt profonde s'endorment sous les épicéas chargés.

Elle glace les plumes fragiles des ailés qui sous la branche gelée se tassent et se taisent.

Elle glace les vieillards à la peau décharnée qui devant l'âtre froid engoulent les heures ultimes.

Elle glace tous les cœurs solitaires qui n'ont que nature pour foyer.


Elle se joue du monde, sa musique et son silence ne sont que variations timbrées d'indifférence.

Elle se joue des enfants ravis aux nez rougis de froid qui gigotent dans sa poudre éphémère, innocences encapuchonnées qui heurtent quelquefois son glacis sous le manteau moelleux.

Elle se joue des insouciants plaisirs qu'elle procure aux randonneurs dont elle prélève parfois quelques inconscients confiants qui vont plonger dans ses glaciers.

Elle se joue même de sa beauté cruelle qui émerveille et de son avenir qui abreuvera au printemps le torrent.


Elle se joue de tout, sans souci d'harmonie, ses notes blanches dessinent le figé du monde, et les traces sur l'immaculé s'enfuient vers l'infini du rien où agonisent les chairs éprouvées.




Par polly - Publié dans : humeurs - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Samedi 31 janvier 2009 6 31 01 2009 21:56
     

Si, si je vous assure... laissez-vous danser, c'est facile.


Par polly - Publié dans : humeurs - Communauté : La gazette des blogs
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Dimanche 25 janvier 2009 7 25 01 2009 19:34

Je m'amuse à faire des photos comme ça dans mes balades, ce ne sont que des clichés, seul le paysage est sublime.
Et comme je n'ai guère le goût d'écire, même pas un petit poème pour ce bout de balade que j'apprécie tant...  Je vous laisse regarder.

La qualité est très inférieure à celle que j'ai sur mon ordinateur, je ne vous conseille pas le grand écran.





Par polly - Publié dans : humeurs
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juste pour vous...


Sur les conseils de

Quichottine, j'ai créé une page juste pour vous.
Si vous n'avez pas le temps, ou que le billet ne vous intéresse pas, ou que vous n'avez pas envie pour l'instant, vous avez peut-être quelque chose à me murmurer...
c'est
ici.

intro


Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.

 

Et que vogue le blog.


__________________________________________________________________________ 


parce que les méthodes policières pour vos enfants, c'est aussi ça: écoutez....

 
Ceux qui luttent ne sont pas certains de gagner, mais ceux qui ne luttent pas sont déjà sûrs d'avoir perdu.







L'argent-dette
si vous avez une petite heure devant vous et que vous voulez comprendre ce que représente l'argent aujourd'hui, je vous conseille une petite visite sur ce site:
http://vimeo.com/1711304





n'oubliez pas... on a besoin de sang:
dondusang.net/afficherAccueil.do

édition....

Sceau1.gif  0042813




tous les bénéfices sont versés à
 ATD quart monde
 


 
Acheter le cadeau inattendu Je ne veux pas vous tromper sur la
marchandise, vous trouverez toutes les nouvelles éditées sur ce blog, mais vous pouvez préférer la version papier, et dans ce cas vous aidez l'association que j'ai choisie pour cet ouvrage.



le petit dernier: à l'ombre de Wotan.
C'est le scénario 2009.
Les bénéfices iront au CYPIEE, à l'équipe de tournage
pour un peu d'équipement.


Accédez à l'édition en cliquant sur le livre


Acheter A l\'ombre de Wotan

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