morceaux d'enVie...
J'avais conté rapidement en commentaire chez mon danseur préféré Morsli cette mésaventure,
pour la petite fabrique d'écriture j'ai développé ce moment
insolite...
Il faut le savoir, quand on est une jeune prof, à peine plus âgée que des gaillards braillards, une tenue sévère s’impose.
Je ne portais pas de lunettes pour feinter, mais je gardais les petites jupes légères, les décolletés profonds, les chemisiers moulants pour d’autres circonstances. Je leur préférais le pantalon facile, plutôt ample sur la cuisse ou la jupe classique qui cache le genou. Mais quelques années plus tard, plus assurée sans doute, les chaleurs du printemps raccourcirent mes jupes.
J’en eu une, de bon goût, n’allez pas croire, bleu marine en jersey souple et léger, à godets, c’est si joli dans le mouvement cet évasé qui flotte.
Les récréations sont brèves, vous avez dix minutes pour discuter des derniers évènements, boire un café et aller aux toilettes.
Dans ce vieux lycée, nous devions traverser une vaste cour entre les préfabriqués des classes et celui de l’administration, ce jour-là, plus pressée qu’à l’ordinaire, j’étais encore à me soulager la vessie quand sonna la reprise.
J’avais un défaut majeur, la sonnerie fonctionnait comme un réflexe militaire, j’avais sans doute attrapé ça petite à l’école élémentaire.
Je me levai prestement du siège et remontai tout aussi vite mon slip pour rejoindre illico presto la porte de ma classe.
N’oubliez pas mon air sévère, rébarbatif, presque revêche, et ma démarche énergique qui y croyait encore.
Regardez-moi tranquillement, comme l’a fait toute une rangée d’yeux flamboyant, traverser la cour, la jupe à godets troussée dans la culotte… blanche, la culotte, sans dentelles, pas transparente pour deux sous, pas évasée non plus, hein ! En coton, et ne parlez pas de tanga, de string, de boxer et compagnie, personne ne connaissait à l’époque.
Un élève, un grand, un doux s’approcha de moi alors que montrant mon derrière au reste de la cour je déverrouillais la porte. Et timidement, il me murmura que j’avais ma jupe toute relevée. D’un geste brusque j’ai dégagé l’objet du délit de l’élastique culotté, et respirant lentement, je l’ai remercié sans sourire, la honte au front avec une violente envie de disparaître.
Les élèves rentrèrent sans pouffer, certains plutôt gênés. Et le cours commença. Je me souviens d’un silence quasi religieux, et si je remarquai dans des regards plus effrontés un semblant de grivoiserie, je l’ignorai même s’il me fendait la tête. Parce qu’il faut bien l’avouer, j’étais toute rouge à l’intérieur, d’un ridicule incandescent, et qui heureusement ne se remarqua pas, enfin je crois. Admirez la maîtrise !
Après ?
Je ne vous raconterai pas les quolibets de mes collègues, vous les imaginez fort bien.
ps: Morsli, pour danser la java je choisis la jupe à godets transparente, et avec
tanga...
Quichottine, j'ai créé une page juste pour vous.
Si vous n'avez pas le temps, ou que le billet ne vous intéresse pas, ou que vous n'avez pas envie pour l'instant, vous avez peut-être quelque chose à me murmurer...
c'est ici.
Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.
Et que vogue le blog.
__________________________________________________________________________
n'oubliez pas... on a besoin de sang:
dondusang.net/afficherAccueil.do


dernières empreintes