morceaux d'enVie...
toiles de Joëlle, cheval de feu.
Mes pas m'emportent entre des falaises dont je ne connais pas le nom. Ils tracent des trajectoires sur des crêtes dont j'ignore l'altitude. Dans le ciel d'un bleu profond mes pensées s'égarent au rythme d'une musique interne dont je n'écrirai jamais une note.
Je retranche un à un les oripeaux qui couvraient ce corps fragile, les attitudes convenues, les gestes attendus, les codes avérés, je file dans mes contrées bleues.
Parfois je suis cheval blanc, et dans ma crinière au vent s'emmêlent les chants lointains des savanes quand il existait encore des possibles à la cavalcade libre, dans mes yeux de velours s'irise le bleu d'un rêve profond qui vient du secret de toutes les mers, dans mes muscles tendus tremblent des courses folles vers l'espace infini qui ne connaît de limite que ma prochaine fin.
Parfois je te croise, toi, le voyageur.
Tu m'accompagnes un moment dans la palette de cyans lumineux, je t'accompagne un moment dans les silences blancs ou les contes de passeur.
Tu me dis tes routes ocres ou brunes ou roses, je partage mes sentiers d'ancolies, de bleuets, de cardoncelles, tu verses quelquefois la larme que je recueille, tu reçois aussi la larme que je donne, tu ris de mes joies, je me réjouis de tes sourires.
Parfois je suis perdue dans un grand tourbillon qui m'enroule d'outremer et je tangue d'une danse à l'autre, d'un ciel à l'autre, d'une mer à l'autre, sur le bord de mon corps éclatent mille étincelles toutes pareilles à de joyeuses libellules et je ne sais toujours pas pourquoi j'ondule dans tout cet azur.
Parfois je ne suis plus que ce bleu, tout ce bleu, vaste étendue calme dont l'horizon n'a pas de ligne, ni lune, ni soleil, ni étoiles, ni voiles.
Je suis ce bleu, seulement lui et la pensée même n'existe plus, ni l'émotion, ni la raison.
Je suis un bleu sans âme sur une nuée blanche.
Je n'ai pas l'habitude de faire de la pub pour qui que ce soit,
mais allez vite ici.
Un vrai régal.
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Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.
Et que vogue le blog.
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