Dimanche 4 mai 2008

Pour la petite fabrique sur un tableau de Joëlle.

 

 

 



J'avais à peine cinq ans quand mes parents m'ont vendue au patron de cet atelier de tissage. La première chose qui frappa la petite fille crasseuse que j'étais fut l'odeur âcre qui était à peine respirable, odeurs de laine et de teinture, odeurs de la poussière et de ces hommes et femmes qui suaient, silencieux, et qui sans cesse avaient leurs mains à l'ouvrage. Je n'étais pas la seule enfant, certains de deux ans mes aînés tissaient déjà, un très jeune garçon était chargé de récupérer tous les bouts de fil. A mon arrivée il ne me regarda pas, perdu dans des pensées que je ne connaîtrais jamais. On m'affecta près d'un homme déjà âgé, je devais trier le fil pour lui et le lui tendre dès qu'il en avait besoin, et en même temps je devais apprendre ses gestes. Le soir, je dormais sur une paillasse près des autres enfants, ils étaient très organisés déjà, et ne me firent que peu de place. Mais je survécus.

Je regardais les mains qui allaient, venaient, tiraient le fil, coupaient, revenaient sur le métier, repartaient. Il ne parlait jamais, m'ordonnait d'un coup d'œil ou de tête ce que j'avais à faire. Il ne souriait jamais non plus.

J'admirais sa dextérité, c'était le meilleur ouvrier de la fabrique, il mariait les couleurs dans des tissages toujours renouvelés, dans des arabesques, des ondulations, des ornements qui naissaient au gré de sa fantaisie et qui racontaient tant de légendes de notre grand pays. Je les écoutais, fascinée.

Le patron houspillait les autres, jamais mon tisserand; il passait à côté, regardait, poussait un soupir satisfait et s'en allait. Je ne sais pas si j'apprenais, mais je sais que ses mains furent mon paysage quotidien, douze heures, parfois quinze heures d'affilée.

J'étais là depuis une trentaine de jours quand le tisserand vint me chercher une nuit. Il avait repéré mon coin de repos, il me secoua légèrement, posant un doigt sur la bouche et je le suivis. Dehors, il m'enroula dans une couverture et m'emporta sur son dos comme un vieux sac. Je sais qu'il marcha longtemps, je me souviens d'avoir dormi au rythme régulier de son pas.

Il me déposa devant une maison blanche, dans un quartier riche, il frappa doucement à une porte latérale, on l'attendait sûrement car une femme vint ouvrir aussitôt. Elle me regarda à la lumière du hall, fit un signe d'acquiescement à mon tisserand, et il partit, me laissant à ce luxe et à mon anxiété.

Je fus choyée comme une princesse, on me lava, on me coiffa, on me revêtit de beaux atours, on me donna une chambre immense avec un lit moelleux. La femme s'appelait Madja, elle s'occuperait de moi pour l'instant. Mais d'abord il fallait que je fasse bonne impression, on me présenterait au maître de la maison le lendemain.

Du haut de mes cinq années je trouvai que le maître ressemblait à une grosse barrique rose. Il me fit tourner trois fois sur place, observa ma denture comme on le fait à un cheval. J'avais peur. Il rit de ma peur et je ne comprenais pas son dialecte.

-          Ton mari a su trouver l'enfant idéale. Mes compatriotes arriveront dans une semaine, prépare-la, qu'elle apprenne l'anglais, c'est primordial.

Madja me traduisit ses propos. Je ne savais pas si je saurais apprendre une langue en si peu de temps. Mais je ne voulais pas décevoir, le lit était confortable, la nourriture excellente, pour le moment c'était l'essentiel pour l'enfant affamée et déshéritée que j'étais.

L'institutrice me harcela tous les jours pendant des heures, j'en regrettais le silence de mon tisserand, mais je progressais rapidement. Quand elle était satisfaite, elle me donnait une feuille et des crayons, et je dessinais.

Des mains.

Les mains du tisserand. Comme une obsession.

Ils arrivèrent.

La femme, toute en hauteur et maigreur, fut séduite par ma lourde toison noire et bouclée et mes grands yeux verts qui illuminaient mon visage brun. J'avais l'impression qu'elle était là pour choisir un chiot, et c'était un peu ça. Son époux rigide dans son uniforme colonial me toisa impassible mais je vis dans ses prunelles une petite lueur malicieuse.

Pendant qu'ils discutaient autour d'un verre de Brandy, je me concentrais sur mon dessin. Les mains du tisserand devenaient de plus en plus réelles malgré mes maladresses. Ma future mère adoptive se délecta de ce talent précoce. Je ferais un jour les beaux arts. J'eus presque pitié d'elle devant ses rêves fous. Ne savait-elle pas d'où je venais ? Dans ma petite tête, je révisais mes leçons de conduite, mes leçons d'anglais, je devais être conforme aux attentes pour sortir de la misère. Cela ressemblait à un conte, mais je restais sur la réserve. Privée d'amour, je n'avais jusque là été qu'une marionnette qu'on vendait aux plus offrants. A cinq ans j'avais accumulé une expérience bien lourde. Je me méfiais. Et avec le recul, je sais que je les ai bien déçus ces parents fortunés qui voulaient peut-être mon bonheur, mais au fond de moi, je ne pouvais m'empêcher de penser que j'étais là pour la décoration et pour faire valoir leur charitable générosité.

Cependant, elle a tenu sa promesse, j'ai pu suivre les beaux arts à Londres.

Ma consolation : je peins.

Des mains.

 

par polly publié dans : Jeux d'écriture communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Commentaires

Son histoire aurait pu bien plus mal finir. Merci d'être passée chez moi !
commentaire n° : 1 posté par : Toxic avenger (site web) le: 14/05/2008 15:04:40
Merci de ta visite.
réponse de : polly (site web) le: 14/05/2008 19:06:28
ma maitresse a beaucoup aimé. C'est très beau
commentaire n° : 2 posté par : petrus jaldane (site web) le: 12/05/2008 09:27:03
merci Petrus, mais c'est qui ta maîtresse?
réponse de : polly (site web) le: 12/05/2008 11:55:00
Coucou Polly, j'ai découvert le texte d'Azalaïs hier soir qui m'a enchanté ;-). Bon je vais faire un p'tit tour à la Fabrique, Gros bibis, à plus tard.
commentaire n° : 3 posté par : Joëlle le: 12/05/2008 08:15:14
Bon courage pour la Fabrique. J'ai lu ce matin le texte d'Aza. Très beau comme d'habitude. Il faudrait qu'elle arrête de douter.
Bisous Frangine.
réponse de : polly (site web) le: 12/05/2008 11:52:57
Beaucoup d'émotions dans ce texte tout en retenue. Bravo!

(Les équipières t'invitent à jouer.)
commentaire n° : 4 posté par : enriqueta (site web) le: 10/05/2008 12:12:28
Je vais jouer, histoire de me remettre un peu en selle.
Merci Enriqueta.
réponse de : polly (site web) le: 10/05/2008 19:52:00
Toi, tu as su me dire... et là tu vois, sans toi, sans tes mots, je ne "serais" pas.

Merci pour tes mots, pour ce je ne sais quoi qui fait que lorsque je suis là j'ai l'impression d'être, de seulement "être".

Je t'embrasse, Polly. Merci.
commentaire n° : 5 posté par : quichottine (site web) le: 09/05/2008 18:18:55
Etre, seulement être, c'est un compliment si fort.
Je t'embrasse tendrement Quichottine.
réponse de : polly (site web) le: 09/05/2008 19:17:05
Ce soir, je me suis arrêtée là.

j'ai regardé les mains de ce tisserand si doué, j'ai regardé cette petite fille.

Et malgré moi, j'ai imité les mains qui allaient et venaient.
J'écoutais le bruit du métier, j'entendais le silence lourd et moite.

Ensuite, je ne sais pas... j'ai eu peur un peu, et j'ai retrouvé un peu d'espoir. Qu'importe le pourquoi d'une adoption. le résultat peut être beau.

Merci, Polly.
commentaire n° : 6 posté par : quichottine (site web) le: 09/05/2008 00:50:42
J'aurais dû m'arrêter sur les mains du tisserand, raconter les légendes qui naissaient de son talent, mais je n'ai pas su.
Mais toi tu as su.
Bisous plein Quichottine.
réponse de : polly (site web) le: 09/05/2008 07:00:46
J'ai retrouvé le poème, c'est celui d'ABC ;-)))
Bisous tout plein Frangine
commentaire n° : 7 posté par : Feu Follet le: 08/05/2008 15:18:28
Oui, il est très bon.
Bisous Feu Follet.
réponse de : polly (site web) le: 08/05/2008 22:23:46
J'ai l'impression que l'inspiration t'es revenue !

Bonne continuation, chère polly !
commentaire n° : 8 posté par : Jovialovitch (site web) le: 08/05/2008 15:02:56
Je ne crois pas, ce texte n'es tpas au top. Bisous Jovial.
réponse de : polly (site web) le: 08/05/2008 22:24:16
Une journée qui débute, le temps mi fique mi raisin.... Bonne journée Polly et bisous !
commentaire n° : 9 posté par : camomille (site web) le: 08/05/2008 11:27:26
Très beau par ici.
bisous plein
réponse de : polly (site web) le: 08/05/2008 22:26:21
Se prendre par la main est très agréable, ça permet de s'amener où l'on a envie d'aller...
commentaire n° : 10 posté par : pb-r (site web) le: 08/05/2008 01:24:37
Ouf! je suis rassurée parce que parfois cela signifie qu'on se botte le derrière pour agir... moi j'aime bien quand on me prend par la main.
Bise Pat.
réponse de : polly (site web) le: 08/05/2008 07:08:11
Tes histoires sont toujours terriblement émouvantes. Quel fatalisme chez cette petite fille !
commentaire n° : 11 posté par : Martine27 (site web) le: 07/05/2008 19:05:45
Certains enfants ne peuvent avoir de l'insouciance, dans certains pays d'Asie les filles ont si peu de valeur que parfois on les supprime dès la naissance. Mon personnage a échappé à cette fin sordide, et finalement elle s'en sort plutôt bien, même si son coeur est broyé.
Merci Martine.
réponse de : polly (site web) le: 08/05/2008 07:11:19
La journée s'annonce superbe... Profite bien de cette journée... Gros bisous de camo !
commentaire n° : 12 posté par : camomille (site web) le: 07/05/2008 10:37:05
La journée fut superbe et très chargée, aujourd'hui encore.
Bisous Camo.
réponse de : polly (site web) le: 08/05/2008 07:13:13
J'arrive, j'accours prendre le café mais j'ai passé l'heure pffffff
Gros bibis du matin Frangine alors à plus tard...
ps : je suis contente que tu sois à ton aise sous mon parasol, tu es bien la seule à apprécier ce que j'y ai mis dedans ;-)))
commentaire n° : 13 posté par : Feu Follet le: 07/05/2008 08:57:13
Too late, pour le café je veux dire.
Ton parasol mais j'y cours aussi, elle est pas belle la vie?
Bisous plein Frangine.
réponse de : polly (site web) le: 08/05/2008 07:14:07

Je me suis pris par la main pour passer te remercier de tes com...
Voilà, c'est fait...

commentaire n° : 14 posté par : pb-r (site web) le: 06/05/2008 22:19:27
c'est comment de se prendre pas la main?  Doux et tendre?
Bise Pat.
réponse de : polly (site web) le: 07/05/2008 06:24:58
encore une belle histoire,par petites touches ,on entre dans l'univers de la fillette et aussi dans celui de ses parents adoptifs qui croient bien faire ...mais trop d'argent et le désir de parai^tre empêchent de développer sa sensibilité..dommage !
commentaire n° : 15 posté par : gazou (site web) le: 06/05/2008 14:18:24
C'est souvent le cas de tous ceux qui sont dans le paraître, l'être est effacé, donc la sensibilité.
Bisous Gazou.
réponse de : polly (site web) le: 06/05/2008 20:03:16
On est bien chez toi ...je stationne et profite de ta musique - grand merci et gros bisous  ;-))
Tu sais , je pensais que d'un mal il sort toujours un bien - la défection de Bill ...ça a fait mal (ce n'est d'ailleurs pas le seul ) mais finalement , je t'ai rencontrée et je t'apprécie , ayant eu mesure de ta générosité - Bonne journée
commentaire n° : 16 posté par : La bernache (site web) le: 06/05/2008 11:57:10
Tu me fais un sacré compliment. Merci plein Blanche.
La défection de Bill, ben, ça me travaille toujours. Mais la vie fait son chemin, et comme le nôtre s'est croisé, (tu le dis bien mieux) c'est du soleil qui entre ici.
Je t'embrasse.
réponse de : polly (site web) le: 06/05/2008 20:10:50
C'est si vivant, au détail près, qu'il semblerait que tu aies été cette petite fille ! Tu fais là une évocation trés réaliste de ces ateliers dont les mains sont le principal outil. Peu à voir, car moins misérable, avec celles que l'on appelait les"petites mains" ces doigts de fée des grands couturiers.
Jolie, la chute. Bises.
commentaire n° : 17 posté par : Sido (site web) le: 06/05/2008 11:00:10
Les petites mains existent toujours, j'ai entendu dire que leur travail était menacé...
Les mains qui tissent, qui cousent, qui tricotent, les mains qui rabotent, qui polissent, qui sculptent... quelle fascination cette dextérité! Peut-être ai-je gardé le regard de l'enfant sur les mains de ma mère qui créait la dentelle du bout de son crochet.
Bises Sido.
réponse de : polly (site web) le: 06/05/2008 20:31:53
Que ferions-nous sans main ? Inimaginable ! Bonne journée Polly et bisous !
commentaire n° : 18 posté par : camomille (site web) le: 06/05/2008 09:38:18
On ne pourrait pas taper sur les touches, Camo, et se donner des nouvelles de blog à blog.
Bisous.
réponse de : polly (site web) le: 06/05/2008 20:17:08

un très beau coup de pinceau...
merci

commentaire n° : 19 posté par : arpenteur (site web) le: 05/05/2008 20:37:11
merci l'Arpenteur, Joëlle appréciera.
réponse de : polly (site web) le: 05/05/2008 20:46:41
Ce devait être dur tout çà à cinq ans , mais tant mieux, tu peins c'est formidable, toutes les mains qui peignent s'expriment en couleurs et modèrent leurs tourments
bisous Polly, merci pour tes passages
commentaire n° : 20 posté par : Lilounette (site web) le: 05/05/2008 19:58:17
Euh! moi, non je ne peins pas j'en suis bien incapable! J'utilise les mots pour peindre autrement.
Merci Lilou.
réponse de : polly (site web) le: 05/05/2008 20:35:54

Quelle belle histoire ! On se laisse embarquer, et puis les mains, n'est-ce pas ce qu'il y a de plus beau, de plus expressif ?

commentaire n° : 21 posté par : natpointg (site web) le: 05/05/2008 19:40:13
Les mains racontent autant que le regard. Il y a tant à dire sur elles.
Bises Nath.
réponse de : polly (site web) le: 05/05/2008 20:37:36
Une histoire captivante et pleine de réflexions bravo Polly, je suis séduite et également très flattée que mon tableau soit entre tes, vos mains... (j'irai faire un tour plus tard à la p'tite fabrique d'écriture). T'embrasse plein et bien heureuse de te lire à nouveau
commentaire n° : 22 posté par : Joëlle le: 05/05/2008 18:35:37
Je ne crois pas qu'elle soit aussi captivante que tu le dis... elle aurait besoin d'être retravaillée, mais j'ai la flème.
Merci frangine, va lire sur la petite fabrique, il y a des petites perles.
réponse de : polly (site web) le: 05/05/2008 20:44:59
Que ne ressent-on pas à 5 ans...
Jolis mots bien tressés, bien observé, belle émotion... Non, franchement pas mal... Un grand bravo. Bon, je vais bosser un peu...
Et Fred, il a repris le train ?
commentaire n° : 23 posté par : pb-r (site web) le: 05/05/2008 16:47:04
Frédéric est rentré et il a laissé Marie, ça comprends pas! Faudra que tu m'expliques.
Bisous Pat.
réponse de : polly (site web) le: 05/05/2008 17:52:09

Comme toujours, tu nous embarques. Cette belle histoire tragique fait formidabelement vivre le tableau.

commentaire n° : 24 posté par : Auteure (site web) le: 05/05/2008 14:31:07
Alors Joëlle sera ravie, enfin je l'espère.
Merci à toi.
réponse de : polly (site web) le: 05/05/2008 18:19:12
J'ai connu un cas un peu similaire dans la famille de mon ex... Cela lui a gâché la vie.... Pourquoi empêcher les enfants de faire ce qu'ils souhaitent ? Bonne journée Polly, jeudi sera vite là ! Bisous !
commentaire n° : 25 posté par : camomille (site web) le: 05/05/2008 11:04:22
Aller cherchre un enfant dans un pays sous-développé c'est parfois lui donner une chance de vivre mieux, mais il devrait rester en lien avec ses origines.
Quelle misère on impose aux gosses!
réponse de : polly (site web) le: 05/05/2008 18:20:46
Encore une fois je suis  emporté par ton histoire absolument magnifique . Elle accompagne à merveille la trés beau tableau de Joëlle . Passe une bonne journée Martine , bises .
commentaire n° : 26 posté par : vinnce (site web) le: 05/05/2008 06:03:11
Merci Eric, j'attends l'avis de Madame Chen.... elle tarde!
Bisous.
réponse de : polly (site web) le: 05/05/2008 18:21:31
Le destin des personnes est exactement comme le destin des chiens....de race ou pas.....ça dépend....comme ça se trouve.....

Mais, d'une chose je suis sure : il ne faut pas se plaindre....jamais....seulement compter sur soi - meme !
commentaire n° : 27 posté par : chris (site web) le: 04/05/2008 21:51:29
Compter sur soi-même, c'est exactement ça. De toute façon je crois qu'on n'a pas le choix.
réponse de : polly (site web) le: 05/05/2008 05:30:30
Quelle étrange et belle histoire qui nous envoûte immédiatement.
Félicitations l'artiste !
commentaire n° : 28 posté par : Oncle Dan (site web) le: 04/05/2008 12:41:11
Merci Dan.
réponse de : polly (site web) le: 04/05/2008 16:33:54
c'est une histoire qui finit plutôt bien finalement et ce tiserand lui a sans doute donné la vie qu'elle n'aurait jamais eue autrement.
Quand j'étais petite, je passais des heures à observer le voisin de ma grand- mère qui était sabotier, il me fascinait. aujourd'hui, bien sûr, il est mort, mais par le plus grand des hasards, j'ai acheté sa maison et je cultive son jardin!
commentaire n° : 29 posté par : Azalaïs (site web) le: 04/05/2008 10:52:08
Il reste ainsi des fascinations enfantines, moi je me souviens des mains d'une crocheteuse (est-ce que ça se dit ça?), et pourtant j'étais plutôt une enfant agitée, mais là, je regardais les doigts qui créaient la magie.
réponse de : polly (site web) le: 04/05/2008 16:36:21
Bonne balade à vélo.... Profite au maximum de cette belle journée... Bisous !
commentaire n° : 30 posté par : camomille (site web) le: 04/05/2008 10:44:06
J'ai profité... et je suis KO!
Bisous Camo.
réponse de : polly (site web) le: 04/05/2008 16:36:50
la trame du destin.. somme toute si toutes les histoires pouvaient se terminer au moins aussi bien... aujourd'hui encore combien d'esclaves prolétaires...
big bisous
commentaire n° : 31 posté par : fab (site web) le: 04/05/2008 09:53:15
Bien sûr! c'est ce qu'on souhaiterait!
des enfants vendus, ce n'est pas que du passé: de petits esclaves qui tissent nos chemises et nos chandails, ou qui sont exploités sur le marché du sexe pour occidentaux aisés.
Grr! Ma rage est intacte.
Bisous.
réponse de : polly (site web) le: 04/05/2008 16:40:51

Récit très prenant ...par contre , permets-moi d'emettre une petite réserve quant à l'âge - je doute qu'une enfant de cinq ans puisse avoir des réflexions d'une telle maturité à cet âge , même si la vie difficile l'a mûrie plus vite ...je la verrais plutôt avec un an ou deux de plus - tout cela pour te dire que j'ai été captivée  ;-)) Merci chère Polly pour cette belle harmonie entre le très beau tableau de Joëlle Chen dont j'ai déjà utilisé un tableau ( avec sa permission ) et le texte . Bon wouick à toi - Zoubis ensoleillés

commentaire n° : 32 posté par : La bernache (site web) le: 04/05/2008 09:43:58
La narratrice est âgée quand elle raconte, c'est tout le problème de la mémoire: entre la réalité et le souvenir de cette réalité. Mais je crois qu'être ainsi ballotée au gré de la fantaisie des marchands est une expérience qui marque profondément. Les réflexions de l'enfant sont plutôt celles de la narratrice, je suis sûre comme toi qu'elle ne pouvait à 5 ans avoir une telle précision dans son ressenti, mais ce souvenir permet à la narratrice d'exprimer un sentiment profond qu'elle a sans doute eu sans avoir pu le formuler alors.

Merci des zoubis plein de soleil, j'en ai profité un max. Je suis un peu rouge (efforts et chaleur mêlés!!):)
T'embrasse Blanche.
réponse de : polly (site web) le: 04/05/2008 16:49:06

intro

Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.

 

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