J'ai perdu mes mots un soir où l'absence m'a ligoté la langue.
J'ai perdu l'envolée des mots, l'absence m'avait coupé les ailes.
J'ai perdu la saveur des mots quand l'amer de l'absence
culbuta mon matin.
Il a perdu ses mots, égarés dans la balle assassine d'enfants,
sur les sommets du monde, dans les creux des collines,
dans le sable des plages.
Il a perdu ses mots dans des douleurs anciennes qu'on ne saurait guérir
même à grands coups de cœur, même à grands coups d'amour.
J'avais perdu les mots et puis les ai trouvés rejaillis d'un soleil
Qui brillaient de blancheur sur des crêtes océanes
Et j'ai plongé profond pour en saisir le nacre.
Il avait perdu les mots et puis les a trouvés dans le chant d'un marin
Et n'a gardé en lui que douce mélopée, sirène des matins.
Et a plongé très loin pour s'en saisir enfin.
Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.
Et que vogue le blog.

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