Aujourd'hui j'ai reçu par erreur
Une lettre, maladresse de facteur
Je n'ai pas de suite vu l'adresse,
Je l'ai ouverte dans le stress.
C'était un courrier où l'orthographe
Acceptait vaillamment d'être mise
A mal, un enfant y parlait girafes
Clowns chahuteurs et tour de Pise
Captaine Lili
Mes mains tremblaient tellement
Que la lettre m'échappa soudain
Point donc de fin à mes tourments
Car elle chut dans l'eau de mon bain.
Enriqueta
C'est alors d'un geste vif et furtif
Que j'ai tenté de la sauver
Mais c'est par cet acte agressif
Que la missive a coulé et l'encre s'est diluée
Cacyope
Alors dans l’enveloppe fripée
Je glisse la lettre que j’ai séchée
Et m’en vais chercher l’enfant
Lui répéter tous les mots dedans.
Quelle ne fut pas ma surprise
De découvrir à l’adresse indiquée
Un vieux monsieur à l’allure grise
Par mes efforts tout chaviré.
Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.
Et que vogue le blog.

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