Rédaction sur le comportement d’un élève de Terminale BEP.
T. R. a 17 ans. Je ne connais pas les raisons de cette punition, je ne l’ai pas en cours cette année. La surveillante m’a montré ses rédactions et j’en ai récupérées quelques-unes. Il a gentiment accepté que j’en publie, et moi je l’encourage à créer un blog pour mettre en ligne ses 180 textes qui dorment dans ses cartons.
J’ai choisi celle-là parce qu’elle me touche.
J’ me demande encore pourquoi j’ai fait ça !
Les remarques me frappent comme si j’étais un tambour
En ce moment les cours ça allait mieux
Hier j’avais les larmes aux yeux
Ma réaction indiquait combien je n’étais pas heureux
Même si c’est dur, j’ vous assure
J’ fais pas exprès de me métamorphoser en mur
J’ai toujours du mal à encaisser
Et quand j’y pense, j’en attrape même l’envie de pleurer
J’ m’excuse encore avec sincérité
C’est difficile car les dérapages commencent à s’accumuler
Je regrette mes mots tirés jusqu’à l’insulte
Pour dire ça j’ai été nul et voilà où cela résulte
J’marche tout le temps sur les sanctions
Et je fais beaucoup moins le con
C’est pas à moi de hausser le ton
J’dois arrêter et me taire pour pas manger des punitions
J’viens pour bosser et faire encore des efforts
Parce que quand c’est le cas en vérité mes doigts j’ les mords.
bravo de l'encourager! mais surtout l'empêcher de se taire ! faîtes votre "job" jusqu'au bout! laissez cet enfant s'exprimer tant qui le veut.
(site web)
le: 15/02/2008 12:13:20 très touchant !!
belle trouvaille poétique : "les remarques me frappent comme si j'étais un tambour "...;génial...
Bises Polly
Je ne prends pas cela pour moi, Jeanmich, mais ce n'est pas toujours la faute des enseignants, tu ne crois pas qu'on leur demande beaucoup?
Je pense que les parents sont les premiers responsables du mal être de leurs enfants, et j'en suis d'autant plus convaincue que je suis mère et que j'ai mon petit dernier qui nous l'a exprimé très fort. Aujourd'hui, je le sais apaisé, il m'a fallu moi-même faire une travail colossal sur moi et me remettre en cause à fond, y compris dans mon boulot.
C'est vrai que certains enseignants n'ont pas leur place face aux enfants aussi, mais la plupart font bien leur job. Et la voie professionnelle, pour moi, n'est pas une voie dévalorisante, tout simplement parce que j'ai de nombreux élèves qui ont réussi en BTS et qui ont des emplois enviables aujourd'hui (même comme directeur d'entreprise, pour te dire!).
Bisous plein.
Voilà une belle manière de déclamer son mal être . Je comprends que ces mots puissent te toucher, c'est très beau.
Encourage le à s'exprimer par l'écriture, ça soulage tellement et puis il paraît que l'écriture répare, alors qu'il s'y abandonne !
bise nath
Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.
Et que vogue le blog.

la culture ne serait ce pas ce que l'on a dans le coeur?l'envie de donner,partager ,d'etre compris!l'envie d'apprendre;de former et les voir evoluer par petites touches?
Mais pour un TR, combien d'esprits obtus! Job ardu quand ta passion des mots (et des hommes aussi, car c'est ça la littérature) reste sur le carreau. Je travaille sur Antigone d'Anouilh, j'ai des réactions idiotes, tu ne peux pas savoir, et je manque de patience en ce moment. Mais, bon! On va tenir.
Bisous.