enflé d’églantiers qui entêtent de senteurs le printemps de ceux qui n’ont d’aromes que le béton armé, et de floraison le massif imposant au rond-point d’un quartier empli de ses pétales.
de l’if inodore qui orne le cimetière où s’invitent aussi des fleurs artificielles, des plaques de regrets et des fientes d’oiseaux sur les dalles glaciales de marbre zébré de gris.
comme l’eau du canal emboucanée d’un marché qui flétrit son cours de poissons, de fruits, de viande qui pourrissent, et de poches en plastique quand surgit au détour le noyé de la veille.
tel la vasque nauséeuse d’un matin de colère quand la nuit fut d’enfer, les mots vomis empuantis d’amer, les coups trop vigoureux, le sang âcre sur l’émail et la mort juste
au bout.
Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.
Et que vogue le blog.

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