Le penseur de
Rodin (source Google)
Mais chacun sait que le penseur ne pense pas, il boude.
Serge avait une manie, quand il était fâché, il ne parlait plus. Bouche cousue. Marinette avait beau le solliciter, c’était haussement d’épaules, de sourcils, et lèvres mordues. Il ne la regardait plus, ignorant jusqu’à ses petits plats qu’elle continuait de cuisiner dans la fausse bonne humeur comme si tout allait bien. Habituellement, leur couple s’entendait, partait en de nombreux voyages, participait toujours joyeux aux fêtes amicales, et pratiquait ensemble loisirs sportifs et culturelles. Mais, de temps à autre, il boudait fermement tout un jour, parfois deux, sinon trois quand la crise était grave. Elle savait, pour en avoir maintes fois discuté avec lui, qu’elle en était la cause. Oui, elle, Marinette. Elle avait failli pour des vétilles souvent. Parfois parce qu’elle avait oublié un rendez important pour lui, une autre fois elle avait préféré une promenade plutôt que la corvée du jardin, ou encore parce que les papotages avec la voisine duraient au-delà de l’heure raisonnable. Et les années passant, Serge boudait de plus en plus souvent, comme s’il avait besoin de ce silence pour la punir.
Marinette, cette fois-là, décida de ne pas parler non plus. La journée passa par la valse des petits papiers de Serge auxquels Marinette ne répondait pas. Elle les lisait discrètement, et se gardait de les toucher, le laissant à sa perplexité. Les avait-elle lus ? Il continuait malgré tout à se taire.
Le soir même, ayant préparé réveil, montre et téléphone portable pour les alarmes du matin, Serge qui avait des difficultés à se lever, laissa sur le chevet de Marinette, en gros caractères, à l'encre rouge le message suivant :
« Réveille-moi à 6 heures, il ne faut pas rater le bus ».
Le tintamarre des sonneries n’ébranla pas Serge qui ronflait tranquillement.
Marinette se leva, prit à son tour un petit papier qu’elle posa délicatement sur la table de chevet.
« Il est 6 heures, réveille-toi ».
Serge se réveilla à huit heures quarante cinq. Marinette était déjà loin, elle n’avait pas raté son bus.
PS: C’est bien sûr une fiction, Serge et Marinette n’existent que dans mon imagination, mais la chute m’a été contée, je remercie donc ces deux-là qui savent si bien se moquer d’eux-mêmes.
Je ne sais pas bouder et mon mari a été très bien éduqué car il ne boude pas non plus.
Bon we
Bisous
Ce sont les petits gatés, qui font plus tard des hommes boudeurs.
Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.
Et que vogue le blog.

merci de ton passage sur mon blog , j'espère te revoir très vite dans mon jardin d'écriture !
chrystelyne