Mardi 20 novembre 2007



Les impromptus littéraires (ici), sujet de la semaine: Porte ouverte et porte fermée.


magritte2.jpgLa réponse inattendue, de René Magritte.



Voilà, j’ai claqué la porte… Tu comprends, j’en pouvais plus. C’est elle qui les claquait d’habitude. Tu la connais, elle supporte pas les portes ouvertes. Je te jure, j’ai été patient, mais elle crie tous les jours. Moi, je me tais, bien sûr, je fais comme si tout allait bien, mais au fond de moi, ça bout. Et puis avec ses proverbes qui lui servent de pensées, ça m’agace ! En ce moment c’est « il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée» comme si elle était capable d’en laisser une ouverte. Tu te rends compte ! C’est comme une obsession, parce qu’elles sont jamais ouvertes, elle les ferme tout le temps, elle supporte pas un petit entrebâillement de rien du tout, alors t’imagines, elles sont fermées à double tour les portes ! C’est comme si c’était elle qu’elle enfermait… Je sais pas comment t’expliquer… Elle est devenue impossible; déjà qu’avant elle était pas drôle tous les jours ! Mais si je suis resté avec elle, tu sais bien que c’est parce qu’elle souffrait trop, je pensais que je pourrais l’aider, la rassurer quoi ! Mais tu vois, je me suis cassé, je supporte plus d’être là-bas avec sa solitude, c’est trop dur pour moi son silence. C’est pas que je l’aime plus, mais j’ai besoin d’air. Alors ce matin, j’ai fait mon sac et je viens te voir, elle m’a dit que je te ressemblais, que j’avais bien raison d’aller te retrouver, je voyais qu’elle retenait ses larmes. Je ne me suis pas retourné, j’ai fermé cette putain de porte, je te dis pas, avec le cœur en lambeau… Et puis le lycée il est à deux pas de chez toi, ça va me reposer … Je sais, chez toi,  c’est pas très grand, mais tu m’avais dit que ta porte serait toujours ouverte. Pas vrai papa ?
par mpolly publié dans : Jeux d'écriture communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Commentaires

Un texte très touchant , très profond , il est pafois  vain de vouloir aider ceux qui souffrent trop et salutaire de partir  pour ne pas  s'asphyxier dans la douleur de l'autre, il faut alors bien sûr  trouver une porte ouverte !
Des mots très justes pour évoquer une situation dans laquelle se retrouve beaucoup de jeunes avec plus ou moins de souffrance  !

Bravo pour ton blog qui témoigne d'une grande sensibilité et ouverture d'esprit sur notre monde de bric et de broc  !
chrystelyne

commentaire n° : 1 posté par : chrystelyne (site web) le: 02/12/2007 17:05:07
Merci de ton passage et de tes lectures sur ce blog. J'ai des thèmes récurrents, les enfants plus particulièrement. Bises à toi.
réponse de : mpolly (site web) le: 02/12/2007 17:31:38
On peut supporter la douleur, on peut atteindre le bonheur...preuve qu'ici les deux dernières phrases de l'éthique d'Epicure sont inconciliables avec le personnage.
Très beau texte et l'utilisation du langage de tous les jours le rend authentique, sans artifices de langage inutiles. A plus tard!!!
commentaire n° : 2 posté par : Chad Vader (site web) le: 26/11/2007 14:58:29
Merci à toi. A tout à l'heure chez toi.
réponse de : mpolly (site web) le: 26/11/2007 17:36:46
C'est très beau. En peu de mots, et avec la porte fermée, on comprend l'enfer qu'est habiter auprès de quelqu'un qui refuse la Vie.
commentaire n° : 3 posté par : francoise (site web) le: 22/11/2007 09:49:05
Quand la souffrance domine, on ne trouve plus les liens même auprès de ceux qui nous sont les plus chers.
réponse de : mpolly (site web) le: 22/11/2007 13:33:34
beau texte qui tient en haleine, qu'on lit jusqu'au bout avec delice!!
bravo
commentaire n° : 4 posté par : virginie edensland (site web) le: 21/11/2007 21:25:33
merci Virginie. Bonne soirée.
réponse de : mpolly (site web) le: 21/11/2007 21:42:36
La fin inattendue donne une couleur très sombre au texte. A moins qu'on y décèle la réalité profonde que Cendrars a évoquée dans l'un de ses poèmes : "quand on aime il faut partir".
Amitiés.
commentaire n° : 5 posté par : Blaps (site web) le: 21/11/2007 20:46:15
Peut-être... ta réfexion me ramène au film de Sautet, "un coeur en hiver" que j'ai revu hier.
réponse de : mpolly (site web) le: 21/11/2007 20:51:06
C'est bien écrit...avec cette histoire de porte...bravo...Il y a du ryhme....bonne soirée..bises
commentaire n° : 6 posté par : le bigorneau (site web) le: 21/11/2007 17:58:30
Merci à toi. Bonne soirée.
réponse de : mpolly (site web) le: 21/11/2007 18:07:55
superbe!! mais incompatible avec notre rythme de vie, chez nous : les portes, à l'intérieur, sont toutes entr'ouvertes, pour que les chats puissent aller et venir librement.
commentaire n° : 7 posté par : croc (site web) le: 21/11/2007 16:43:50
Evidemment, j'imagine mal ta maison portes fermées avec toute ta sympathique ménagerie.
réponse de : mpolly (site web) le: 21/11/2007 18:07:23
J'aime beaucoup ton texte ; il réussit à toucher sans passer par la grande porte du pathos facile. Vraiment, la porte fermée était une fort belle entrée... 
Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point les portes envahissaient notre langue française. A juste titre d'ailleurs!
commentaire n° : 8 posté par : Auteure (site web) le: 21/11/2007 15:00:52
Merci, c'est bon de savoir que certains ont osé entrer malgré le titre.
réponse de : mpolly (site web) le: 21/11/2007 15:40:37
Texte très sensible, Polly, je peux comprendre.... tu vas sourire, car je ne supporte pas les portes ouvertes ou entr'ouvertes, je parle des placards et de la porte d'entrée (en hiver). pas plus que les tiroirs...
Cela m'inquiète, comme si quelquechose allait en sortir
Mais par contre, aucune porte n'est fermée à l'intérieur de la maison. on circule librement.
Alors me supporterais-tu ou pas.
That is the question...
commentaire n° : 9 posté par : juliette b (site web) le: 21/11/2007 14:49:56
OUI, parce que chez moi aussi les portes sont fermées, surtout l'hiver pour la chaleur. Mais c'est vrai que l'été elles sont ouvertes, pour faire passer l'air. En tous cas la nuit, je ferme la porte de ma chambre, même quand je suis seule. Va savoir!
réponse de : mpolly (site web) le: 21/11/2007 15:37:08
Tant qu'il n'y a pas de verrous aux coeurs...
Situations difficiles, peine profonde que sais si bien décrire avec un semblant de légèreté, chapeau, comme d'hab :)
commentaire n° : 10 posté par : schizozote (site web) le: 21/11/2007 13:32:34
Ah! te voilà, toi! Je passe chez toi et j'attends, rien, et je repasse et j'attends, et toujours rien. Comment peux-tu rester sans écrire si longtemps?
Merci.de ton commentaire, j'apprécie que tu apprécies.
réponse de : mpolly (site web) le: 21/11/2007 13:40:49
si tu as envie d'éditer tes textes un jour, va sur http://www.lulu.com/fr/ tu peux créer ton livre gratuitement et même le vendre^^
commentaire n° : 11 posté par : nea (site web) le: 21/11/2007 12:25:14
Ok, j'irai voir par curiosité.
réponse de : mpolly (site web) le: 21/11/2007 12:54:09

Bonjour...J'aime beaucoup ton blog et je crois qu'il est tres interesante et tres belle....si tu veux tu pouvoir visiter mon blog...Et si tu voulais tu pouvais de priere d'autres personnes de visite mon blog

commentaire n° : 12 posté par : marinela (site web) le: 21/11/2007 11:38:38
Finalement je crois que je vais me recycler blogprof de français pour les jeunes blogueuses comme toi. J'arrive chez toi.
réponse de : mpolly (site web) le: 21/11/2007 12:55:15
Bonjour Polly ! Je m'imprègne de ton style d'écriture mais y'a rien à faire jamais je n'arriverai à avoir la plume légère comme toi Polly ! Tu dois être née avec un crayon à la main... sourire ! Belle journée
commentaire n° : 13 posté par : camomille (site web) le: 21/11/2007 10:26:06
Je me servais du cordon ombilical comme crayon, c'est pour ça, ça laisse des traces.
réponse de : mpolly (site web) le: 21/11/2007 10:59:22
très touchée par ton texte.Bien rythmé et avec du sus pense jusqu'au bout,je ne pensais pas que c'était un fils qui alllait rejoindre son père
commentaire n° : 14 posté par : gazou (site web) le: 21/11/2007 10:08:31
Merci gazou pour tes commentaires encourageants.
réponse de : mpolly (site web) le: 21/11/2007 10:57:04
j'ai lu ton texte sur Impromptus Littéraires et il m'a beaucoup touché !  Je te le redis tu devrais écrire un livre... Je serais la prelière à l'acheter... Bonne nuit Polly !
commentaire n° : 15 posté par : camomille (site web) le: 21/11/2007 00:02:22
Oui, bien sûr, mais je te l'enverrai gratos, si c'est le cas un jour. Promis.
réponse de : mpolly (site web) le: 21/11/2007 07:47:33
interpellant, comme d'habitude! je ne jette pas trop vite la pierre ni à cette mère, ni à ce père, ni à cet enfant qui subit (provoque ou joue) du mal être...
big bisous
commentaire n° : 16 posté par : fabienne (site web) le: 20/11/2007 22:29:51
Je m'en garderais bien, je ne juge pas, je fais parler l'enfant. Et j'en connais tant qui vont si mal. On sait bien que si les parents souffrent, les enfants aussi.
réponse de : mpolly (site web) le: 20/11/2007 22:44:33

On en apprend tous les jours.
On en lit de tous les styles, tous les tons. C'est génial la blogsphère.

Texte profond: je comprends le ras le bol, de celui qui part, celui qui supporte. 
Il n'y a pas plus ingrat qu'un être qui souffre. Son mal être l'aveugle, et l'empêche de voir que les autres autour de lui souffre de son attitude.

Heureusement qu'il y a des papas aux portes ouvertes pour accueillir ceux que l'égoïsme du mal-être oblige à partir.

Bises.

commentaire n° : 17 posté par : PETITE MOMIE (site web) le: 20/11/2007 20:56:12
Oui, c'est génial de lire tous ces talents. j'adore ça.
Quand aux mômes dans ce genre de situation, j'en connais tellement que c'est accablant. Et les pères aux portes ouvertes ne sont pas légions. Bonne soirée à toi, Petite Momie.
réponse de : mpolly (site web) le: 20/11/2007 21:11:27

juste pour vous...


Sur les conseils de
Quichottine, j'ai créé une page juste pour vous.
Si vous n'avez pas le temps, ou que le billet ne vous intéresse pas, ou que vous n'avez pas envie pour l'instant, vous avez peut-être quelque chose à me murmurer...
cest
ici.

intro

Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.

 

Et que vogue le blog.


 



Ceux qui luttent ne sont pas certains de gagner, mais ceux qui ne luttent pas sont déjà sûrs d'avoir perdu.





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