Jeu écriture ludique: au vingtième exercie, composez autour de 20°
20° exercice, 20° numéro, 20° texte, 20° lettre…
20° anniversaire.
A 20 ans, Il était sous anti-dépresseurs, et il ne prit que le 20° des prescriptions.
A 20 ans, la vie n’était pas belle, et l’avenir encore moins pour les 20 prochaines années.
A 20 ans, avait-il dépassé la 20° petite copine, une de plus qui ne lui apportait rien ?
A 20 ans, rien ne se préparait sinon la 20° fête programmée de ce trimestre.
A 20 ans, sinistre ambiance de ces réjouissances auxquelles plus du 20° des convives buvaient trop.
Il fallait cesser cela.
Il fallait en finir.
Pas d’avenir.
Plus de 20 égratignures sur ses cicatrices profondes.
Plus de 20 crabes qui lui mangeaient la tête.
Plus de 20 terreurs qui lui laminaient le coeur.
Comment tenir ?
En fait, il ne tient pas, il se laisse tenir par les minutes qui se succèdent .
Il se laisse mener par ceux qui l’attendent pour faire ceci, pour faire cela.
Et puis, à la 20° sortie, peut-être,
à la 20° heure de cours du dernier mois, peut-être,
au 20° livre qu’il vient de terminer ce trimestre, peut-être,
il ne sait pourquoi, il ne sait par quel hasard, il rencontre un sourire.
Oh ! Pas le 20°, non le 1° de toute sa petite vie de 20 ans. Un sourire pas comme les autres, un sourire confiant, pas du tout séducteur.
Il est là, comme celui du chat dans « Alice au pays des merveilles», un sourire suspendu dans les airs, mais qui va plus loin, qui le poursuit, qui l’enchante, qui navigue dans ses rêves. Il l’entraîne vers les autres. Il l’ouvre au monde. Il l’appelle, il y a tant à faire. Il l’invite à oublier ses crabes, ses cicatrices, ses dérives.
Et ce sourire le rend réceptif : il avait tant à apprendre. Il ne sait même plus qui le lui donna. Vint-il d’une voix à la radio, d’une chanson, d’un auteur, d’un film, d’un de sa famille, d’un de ses amis, d’un des centres de soins, d’un professeur, d’un passant, d’un combattant… ?
Il ne sait plus, peut-être de tous, peut-être de lui-même aussi, une limite qu’il avait franchie sans s’en apercevoir et ce qui se déclencha élargit soudain un 20° de l’horizon. Et ce 20° suffit à laisser entrer en lui une grosse bouffée d’air vif qui balaya un 20° de tout le noir de sa tête. Un petit sourire, comme un petit soleil, s’y lovait timidement.
Je me repasse des bribes de tes écrits dans la tête et me les tourne en boucle. Si tu savais à quel à point je me régale de ce doucereux ronron d'antiennes.
Bien à toi
Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.
Et que vogue le blog.

T'es toujours aassi forte pour me faire frissonner...
Bravo Polly...