Mercredi 18 juin 2008

Je dépoussière encore... en attendant...

Jeu pour papier libre: inventer à partir de cette phrase entendue "et pourtant il ne savait pas nager".


 
Il était petit malingre idiot
Tout le monde se moquait.
Il était sale hirsute pas beau
Chacun de nous l’insultait.
 
Tristounet morveux chétif
On tirait dès qu’on pouvait
Son pull sa chemise ses tifs
Et de lui chaque jour on riait.
 
L’instit promit une sortie
Au bord du fleuve de chez nous
On lui dit qu’on voulait pas de lui
Mais il fut là avec ses poux.
 
Pour rigoler une fois de plus
On le pourrit dans le buisson
Il en jaillit tout incongru
Les yeux pleurant à gros bouillons.
 
Quand l’un des nôtres se noya
On cria tous sur les rives
Mais pas un de nous ne broncha
Paralysé par la dérive.
 
Lui seul avec une branche
Se laissa porter vers l’enfant
Qu’il saisit par les manches
Le ramenant en haletant.
 
Le maître qui le frictionna
De sa veste de son manteau
En plissant l’oeil nous annonça
Que nous étions des lourdauds.
 
Qui de vous ne s’est pas moqué de lui
Qui de vous ne l’a jamais harcelé
Sans réfléchir il sauva votre ami
Et pourtant il ne savait pas nager.
 
Il devint notre héros
Et plus jamais on se moqua
Enfant de la rue du métro
Tant qu’on put on l’aida.
 
Je crois bien que depuis ce jour
J’ai appris à nager crawler sauver
Mais je ne sais pas si toujours
Je suis à l’abri des préjugés.
 
       
 
par mpolly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : papierlibre
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Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.

 

Et que vogue le blog.


 



Ceux qui luttent ne sont pas certains de gagner, mais ceux qui ne luttent pas sont déjà sûrs d'avoir perdu.





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