Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes 
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
Louis Aragon
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UNE OPERATION ARMEE TOUS LES DEUX JOURS !
163 attentats en décembre 1941, des sabotages, des déraillements de trains...
Ce groupe combat par tous les moyens les rafles de juifs et les opérations de la S.T.O. En représailles, entre janvier et mars 1942, les services allemands arrêtent 57 militants de la section juive. Entre Mars et Juin 1943, la brigade spéciale vychiste arrête 71 militants sur 150 filés. Le 28 septembre 1943, le groupe Manouchian exécute Julius Ritter, général S.S. et bras droit de Fritz Sauckel, l'organisateur des rafles pour la S.T.O. Lors d'un rendez-vous avec Joseph Epstein, le 16 novembre 1943, probablement trahi, il est suivi et arrêté par des policiers de Vichy en civil. Tous les groupes M.O.I. de Paris seront ensuite rapidement démantelés. Toute la presse collaborationniste fut invitée au procès du groupe Manouchian et les services de Goebbels le filmèrent. Le but avoué de ces 3 jours de procès à grand spectacle était de monter l'opinion française contre les "terroristes étrangers"... La propagande nazie les désigna comme terroristes et criminels de droits communs... En réalité, une seule audience eut lieu, le vendredi 19 février, où le tribunal militaire les condamnera à mort. La presse déblatèra longuement (quatre jours de suite, et même jusqu'au mardi 23 février, soit deux jours après l'exécution des condamnés !) L'ignominieuse et raciste "Affiche Rouge" fut placardée dans tout le pays. 8 Polonais, 5 Italiens, 3 Hongrois, 2 Arméniens, un Espagnol, une Roumaine...et trois Français (qui n'y figureront pas) composaient le groupe Manouchian. Neuf étaient juifs; tous communistes ou sympathisants. La Résistance écrira "Morts pour la France" sous ces affiches LE GROUPE MANOUCHIAN :Celestino Alfonso (espagnol), Olga Bancic (roumaine), Joseph Boczov (roumain), Georges Cloarec (français), Roger Rouxel (français), Robert Witchitz (français), Rino Della Negra (italien), Spartaco Fontano (italien), Césare Luccarini (italien), Antoine Salvadori (italien), Amédéo Usséglio (italien), Thomas Elek (hongrois), Emeric Glasz (hongrois), Maurice Fingercwajg (polonais), Jonas Geduldig (polonais), Léon Goldberg (polonais), Szlama Grzywacz (polonais), Stanislas Kubacki (polonais), Marcel Rayman (polonais), Willy Szapiro (polonais), Wolf Wajsbrot (polonais), Arpen Lavitian (arménien), Missak Manouchian (arménien)
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Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.
Et que vogue le blog.

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