proposition de Madam'Aga, suite de texte.
Les pompiers l’ont embarquée.
L’hôpital prévenu l’attendait.
Elle s’éveilla mais hors d’elle, comme détachée de ce corps brisé. Elle flottait dans une douce musique. Elle voyait qu’on s’agitait, les tuyaux perforaient son bras, entubaient son nez, des mains massaient le coeur, on tira violemment le chariot jusqu’à la salle d’opération. Elle se dit que c’était inutile, puisqu’elle volait juste dessus, c’était bien preuve qu’elle n’était plus à l’intérieur.
Elle ne voulut pas savoir ce qui se passait derrière la porte et visita les lieux.
Que de souffrances gémissaient là ! Les râles l’énervèrent, elle suivit d’autres couloirs, monta des escaliers. Elle croisa Steve qui descendait, le visage tuméfié et les yeux angoissés. Elle l’accompagna quelques marches mais il était pressé et le laissa, indifférente à son inquiétude.
A force de tournoyer à droite, à gauche, elle se trouva en salle d’accouchement. Elle pensa à ses trois enfants qui dormaient encore, elle en était sûre, si seulement elle savait comment aller là-bas. A ce moment un cri. Le nourrisson venait de naître. Elle s’approcha sans se méfier, heureuse d’entendre une vie qui palpitait après tous ces agonisants qu’elle venait de quitter.
Soudain, elle sentit en elle un appel irrésistible et se laissa couler dans le souffle léger de l’enfant. Elle était bien, au chaud, tranquille, un sein serein se tendait vers elle. Un calme, un chant d’amour.
- Comment s’appelle cette jolie frimousse ? demanda une voix.
- Léa, répondit la maman.
- Comment ça, Léa? s’exclama le papa, on avait dit Marie.
- Léa lui convient mieux, tu ne trouves pas ?
En se penchant sur le visage rose, il acquiesça, béat d’admiration devant les yeux émerveillés qui le dévisageaient.
Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.
Et que vogue le blog.

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