juste pour vous...


Sur les conseils de
Quichottine, j'ai créé une page juste pour vous.
Si vous n'avez pas le temps, ou que le billet ne vous intéresse pas, ou que vous n'avez pas envie pour l'instant, vous avez peut-être quelque chose à me murmurer...
cest ici
.
Lundi 5 novembre 2007


Proposition de l'équipe de choc.


 

Vraiment, je n’en peux plus ! Il me faut rétablir un peu de vérité dans ce fatras mystique et je vous demande de l’aide pour effacer ces siècles d’infamie.

 

 Depuis qu’un dénommé Sophocle me fit naître en trace écrite, j’ai réjoui ces rapaces de lecteurs qui se délectent de ma jeunesse inexpérimentée pour trafiquer mon histoire personnelle. Encore trop souvent on présente dans les théâtres une pièce d’Anouilh, avec qui je suis devenue, paraît-il, figure de la résistance ou symbole de l’adolescence butée dans ses vérités, sans concession, quasiment un syndrome.

 

 Moi, petite fille de 10 ans qui avais accompagné mon père aveugle pendant son voyage dans la Grèce et ses environs, on m’a rendue laide, brunâtre, implacable dans sa certitude de détenir la vérité. Je voudrais aujourd’hui qu’on se calme un peu. On m’a assez tuée. Et avec tant de délectation que c’en est devenu abject.

 

Bien sûr, Henri Bauchau m’a redonné une dignité de femme. Je sais ce que je dois à ce poète belge, et m’incline devant une oeuvre qui me rafraîchit un peu, qui enfin fait de moi un être humain capable d’autre chose que de rébellion contre son oncle, contre les instances politiques, contre les décisions injustes… Sous sa plume je suis belle (il n’est pas trop tôt), aimable (ouf !) amoureuse (enfin !), si pleine de sagesse et de qualités que je me sens plus forte avec lui qu’avec aucun autre. Mais je regrette que Bauchau, comme Sophocle et Anouilh, se soit lui aussi amusé à me laisser agoniser dans cette grotte infâme. Ce qu’ils ignorent c’est que je serais morte avant d’y pénétrer parce que j’étais claustrophobe. De plus, Henri Bauchau, ce poète pour qui j’éprouve une tendresse toute particulière, a élevé mon personnage à un tel degré de perfection que je demande grâce. Comment égalerais-je jamais cette femme sensuelle, compatissante, aimante et dévouée, capable aussi de tenir l’arc contre les ennemis de Thèbes. Ils ne savent de moi que ce qui les arrange. Si j’ai résisté à la loi de Créon, je n’étais pas du tout prête à sacrifier ma vie, j’ai juste donné l’exemple, et j’ai fait des émules puisque le corps de Polynice leur a été arraché et a eu une sépulture décente. Et puis ce cher Créon a toujours été un oncle admirable avec Ismène et moi. S’il détestait mes frères il avait pour nous deux comme pour ma mère Jocaste, une affection sans faille. Il ne m’aurait pas condamnée pour un peu de terre sur le corps de Polynice. Il m’a condamnée parce que la loi est la loi, même inique, même imbécile, même tyrannique,  personne n’échappe à son courroux. Ce n’est pas que je veuille le défendre, le pouvoir l’avait perverti comme il pervertit tous ceux qui s’en approchent, mais il ne m’a jamais fait souffrir dans cette grotte. Il n’aurait pas pu le supporter. J’étais une fille pleine de vie et d’espoir. Il a seulement imaginé cette mise en scène et avec Hémon, nous nous sommes échappés. Mais personne n’a voulu le savoir, ça n’arrangeait pas leurs histoires, il leur fallait une petite héroïne bien dure, bien courageuse, bien rebelle.

 

Un mythe, voilà ce qu’ils ont fait de moi, un pauvre petit mythe sur lequel ils se sont acharnés pour élaborer leur tragédie humaine, pour démontrer avec perversité combien une jeune gamine intègre, ou mieux combien l’intégrité, n’avait pas d’autre issue que la mort. Eh bien non, je refuse de porter ce chapeau.

 

Dites-leur que la lutte contre toutes les injustices n’a pas forcément ces conclusions funestes, et que si l’ouvrage est sans cesse à recommencer (pour cela voir avec Pénélope), elle conduit aussi à des victoires tranquilles.

 

Merci de transmettre à tous ceux qui m’emploient à mauvais escient.

 
Antigone.
 
 
par mpolly publié dans : Jeux d'écriture communauté : La gazette des blogs
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Samedi 3 novembre 2007

Jeu écriture ludique: au vingtième exercie, composez autour de 20°

20° exercice, 20° numéro, 20° texte, 20° lettre…

20° anniversaire.

 

A 20 ans, Il était sous anti-dépresseurs, et il ne prit que le 20° des prescriptions.

A 20 ans, la vie n’était pas belle, et l’avenir encore moins pour les 20 prochaines années.

A 20 ans, avait-il dépassé la 20° petite copine, une de plus qui ne lui apportait rien ?

A 20 ans, rien ne se préparait sinon la 20° fête programmée de ce trimestre.

A 20 ans, sinistre ambiance de ces réjouissances auxquelles plus du 20° des convives buvaient trop.

 

Il fallait cesser cela.

Il fallait en finir.

Pas d’avenir.

Plus de 20 égratignures sur ses cicatrices profondes.

Plus de 20 crabes qui lui mangeaient la tête.

Plus de 20 terreurs qui lui laminaient le coeur.

 

Comment tenir ?

En fait, il ne tient pas, il se laisse tenir par les minutes qui se succèdent .

Il se laisse mener par ceux qui l’attendent pour faire ceci, pour faire cela.

 

Et puis, à la 20° sortie, peut-être,

à la 20° heure de cours du dernier mois, peut-être,

au 20° livre qu’il vient de terminer ce trimestre, peut-être,

il ne sait pourquoi, il ne sait par quel hasard, il rencontre un sourire.

Oh ! Pas le 20°, non le 1° de toute sa petite vie de 20 ans. Un sourire pas comme les autres, un sourire confiant, pas du tout séducteur.

Il est là, comme celui du chat dans « Alice au pays des merveilles», un sourire suspendu dans les airs, mais qui va plus loin, qui le poursuit, qui l’enchante, qui navigue dans ses rêves. Il l’entraîne vers les autres. Il l’ouvre au monde. Il l’appelle, il y a tant à faire. Il l’invite à oublier ses crabes, ses cicatrices, ses dérives.

Et ce sourire le rend réceptif : il avait tant à apprendre. Il  ne sait même plus qui le lui donna. Vint-il d’une voix à la radio, d’une chanson, d’un auteur, d’un film, d’un de sa famille, d’un de ses amis, d’un des centres de soins, d’un professeur, d’un passant, d’un combattant… ?

Il ne sait plus, peut-être de tous, peut-être de lui-même aussi, une limite qu’il avait franchie sans s’en apercevoir et ce qui se déclencha élargit soudain un 20° de l’horizon. Et ce 20° suffit à laisser entrer en lui une grosse bouffée d’air vif qui balaya un 20° de tout le noir de sa tête. Un petit sourire, comme un petit soleil, s’y lovait timidement.


par mpolly publié dans : nouvelles communauté : Ecriture Ludique
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Mardi 30 octobre 2007
 
 
Quand j’accompagne mes élèves quelque part (sortie montagne, sortie théâtre), leur arrivée provoque un stress d’enfer. Les préjugés sont légion dans le corps enseignant, surtout quand ce corps-là ne connaît de l’école que les bons éléments, n’ayant jamais fréquenté les zones d’éducation prioritaire, ou les lycées professionnels.
Alors nous avons droit aux réflexions imbéciles de quelques-uns de ces professeurs, qui voyant arriver notre bande au gîte où ils demeuraient déjà avec de petits sixièmes, s’affolent, ferment les portes à double tour, surveillent nos allées et venues, croient déjà que ces garçons mal éduqués vont voler, violer, casser.
Hier encore, au théâtre, la réflexion d’une enseignante: « ouf ! il est temps qu’ils partent ceux-là ».
Ceux-là? mais qui sont-ils? Cassés souvent, mauvais élèves sans doute dans la filière dite noble, ils n’en sont pas moins pétris de curiosité, de volonté de s’en sortir, d’enthousiasme parfois un peu débordant, de sensibilité aussi (pas comme certains adultes présomptueux) et si parfois ils ne sont pas faciles à « tenir », et peu férus de grande littérature, d’histoire et compagnie, je voudrais bien que tous ceux qui les stigmatisent, parce qu’ils ont trois sous d’études derrière eux, sachent qu’un jour ils auront peut-être besoin d’un plombier, d’un électricien, d’un réparateur télévision etc. 
A chacun ses compétences. Mais là n'est pas l'essentiel, l'essentiel est l'attitude de ces soi-disant pédagogues: leur incivilité, leur discourtoisie, leur bêtise.
Alors pour les venger un peu je me permets de publier un texte de Michaux, qui ne raconte pas ce que je viens d’exposer mais qui s’en approche parce que compères et mégères ne sont pas une espèce en voie de disparition.
Je vous livre ce délicieux moment, assurément à lire à haute voix, seul, en famille, avec des amis.
 

clocher.jpg

 




Dimanche à la campagne.

 

Jarrettes et Jarnetons s’avançaient sur la route débonnaire.
Darvises et Potamons folâtraient dans les champs.
Une de parmegarde, une de tarmouise, une vieille paricaridelle ramiellée et foruse se hâtait vers la ville.
Garinettes et Farfalouves devisaient allégrement.
S’éboulissant de groupe en groupe, un beau Ballus de la famille des Bormulacés rencontra Zanicovette. Zanicovette sourit, ensuite Zanicovette, pudique se détourna.
Hélàs ! la paricaridelle, d’un seul coup d’œil, avait tout vu.
« Zanicovette ! » cria-t-elle. Zanicovette eut peur et s’enfuit.
Le vieux soleil entouré de nuages s’abritait lentement à l’horizon.
L’odeur de la fin du jour d’été se faisait sentir faiblement, mais profondément, futur souvenir indéfinissable dans les mémoires.
Les embasses et les ranoulements de la mer s’entendaient au loin, plus graves que tout à l’heure. Les abeilles étaient toutes rentrées. Restaient quelques moustiques en goupil.
Les jeunes gens, les moins sérieux du village, s’acheminèrent à leur tour vers leur maisonnette.
Le village formait sur une éminence, une éminence plus découpée. Olopoutre et pailloché, avec ses petits toits égrissés et croquets, il fendait l’azur comme un petit navire excessivement couvert, surponté et brillant, brillant !
La paricaridelle excitée et quelques vieilles coquillardes, sales rides et mauvaises langues, achactées à tout, épiaient les retardataires. L’avenir contenait un sanglot et des larmes. Zanicovette dut les verser.
Henri Michaux.

 

par mpolly publié dans : humeurs communauté : La gazette des blogs
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Mercredi 24 octobre 2007


Jeu pour papier libre: inventer à partir de cette phrase entendu "et pourtant il ne savait pas nager".

Et pourtant il ne savait pas nager.
 
Il était petit malingre idiot
Tout le monde se moquait.
Il était sale hirsute pas beau
Chacun de nous l’insultait.
 
Tristounet morveux chétif
On tirait dès qu’on pouvait
Son pull sa chemise ses tifs
Et de lui chaque jour on riait.
 
L’instit promit une sortie
Au bord du fleuve de chez nous
On lui dit qu’on voulait pas de lui
Mais il fut là avec ses poux.
 
Pour rigoler une fois de plus
On le pourrit dans le buisson
Il en jaillit tout incongru
Les yeux pleurant à gros bouillons.
 
Quand l’un des nôtres se noya
On cria tous sur les rives
Mais pas un de nous ne broncha
Paralysé par la dérive.
 
Lui seul avec une branche
Se laissa porter vers l’enfant
Qu’il saisit par les manches
Le ramenant en haletant.
 
Le maître qui le frictionna
De sa veste de son manteau
En plissant l’oeil nous annonça
Que nous étions des lourdauds.
 
Qui de vous ne s’est pas moqué de lui
Qui de vous ne l’a jamais harcelé
Sans réfléchir il sauva votre ami
Et pourtant il ne savait pas nager.
 
Il devint notre héros
Et plus jamais on se moqua
Enfant de la rue du métro
Tant qu’on put on l’aida.
 
Je crois bien que depuis ce jour
J’ai appris à nager crawler sauver
Mais je ne sais pas si toujours
Je suis à l’abri des préjugés.
 
 
 
 
 
 
par mpolly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : papierlibre
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Lundi 22 octobre 2007

 

L'affiche rouge

Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes   250px-Afficherouge.jpg
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE

Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

                                                                                 Louis Aragon




Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,

Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense.

Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération.

Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.
 
 
 
Manouchian Michel.
 
 
 
P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M.


 

UNE OPERATION ARMEE TOUS LES DEUX JOURS !

163 attentats en décembre 1941, des sabotages, des déraillements de trains...
Ce groupe combat par tous les moyens les rafles de juifs et les opérations de la S.T.O.
En représailles, entre janvier et mars 1942, les services allemands arrêtent 57 militants de la section juive.
Entre Mars et Juin 1943, la brigade spéciale vychiste arrête 71 militants sur 150 filés.
Le 28 septembre 1943, le groupe Manouchian exécute Julius Ritter, général S.S.
et bras droit de Fritz Sauckel, l'organisateur des rafles pour la S.T.O.
Lors d'un rendez-vous avec Joseph Epstein, le 16 novembre 1943, probablement trahi, il est suivi et arrêté par des policiers de Vichy en civil.

Tous les groupes M.O.I. de Paris seront ensuite rapidement démantelés.
Toute la presse collaborationniste fut invitée au procès du groupe Manouchian et les services de Goebbels le filmèrent.
Le but avoué de ces 3 jours de procès à grand spectacle était de monter l'opinion française contre les "terroristes étrangers"...
La propagande nazie les désigna comme terroristes et criminels de droits communs...
En réalité, une seule audience eut lieu, le vendredi 19 février, où le tribunal militaire les condamnera à mort. La presse déblatèra longuement (quatre jours de suite, et même jusqu'au mardi 23 février, soit deux jours après l'exécution des condamnés !)

L'ignominieuse et raciste "Affiche Rouge" fut placardée dans tout le pays.

8 Polonais, 5 Italiens, 3 Hongrois, 2 Arméniens, un Espagnol, une Roumaine...et trois Français (qui n'y figureront pas) composaient le groupe Manouchian.
Neuf étaient juifs; tous communistes ou sympathisants.
La Résistance écrira "Morts pour la France" sous ces affiches

LE GROUPE MANOUCHIAN :Celestino Alfonso (espagnol), Olga Bancic (roumaine), Joseph Boczov (roumain), Georges Cloarec (français), Roger Rouxel (français), Robert Witchitz (français), Rino Della Negra (italien), Spartaco Fontano (italien), Césare Luccarini (italien), Antoine Salvadori (italien), Amédéo Usséglio (italien), Thomas Elek (hongrois), Emeric Glasz (hongrois), Maurice Fingercwajg (polonais), Jonas Geduldig (polonais), Léon Goldberg (polonais), Szlama Grzywacz (polonais), Stanislas Kubacki (polonais), Marcel Rayman (polonais), Willy Szapiro (polonais), Wolf Wajsbrot (polonais), Arpen Lavitian (arménien), Missak Manouchian (arménien)

 




par mpolly publié dans : humeurs
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Samedi 20 octobre 2007

  Depuis plus de 10 jours, je n’ai plus de connexion Internet à cause d’une petite panne sans importance, la maintenance n’est pas opérationnelle chez le fournisseur que j’ai choisi.

   Je sais que vous êtes passés nombreux prendre de mes nouvelles, j’ai fait comme j’ai pu pour aller vous voir de temps en temps et programmer quelques textes, squattant les ordinateurs des amis, ou du travail (chut !). 

   Je vous remercie tous et toutes, vos encouragements me seront toujours nécessaires, et dès que possible je répondrai à tous vos commentaires, promis, juré.

Pour l’instant je vous confie le dysfonctionnement  qui m’a privée de vous.

 

Déconnexion.

 

Chez mon fournisseur d’accès Internet, pas de stress pour la maintenance. Impossible depuis 5 jours déjà de laisser un billet d’incident sur leur site pour mon accès en 09 téléphonique qui ne marchait plus: « votre ticket ne peut être pris en considération… saturation ». Ensuite, quand la connexion n’a plus fonctionné non plus, le dimanche 21.10.07 exactement, après avoir bien suivi le manuel des solutions aux problèmes, impossible de les joindre. Saturation.

Le lundi, avant de partir travailler, vers 7h, je tente un nouvel appel. Avec la ligne France télécom. C’est 0.34€ la minute. Une charmante voix me pose des tas de questions, et va transmettre le souci à des instances plus compétentes.

Le mardi, vers 7h, je rappelle, pour savoir où en est la maintenance. Une autre voix me répond que la ligne fonctionne, donc j’ai un problème mécanique. Il me faut trouver un comparse qui ait la même box que moi. Si je ne trouve pas, je peux l’essayer avec un autre fournisseur. Je dois rappeler pour leur indiquer les coordonnées de celui qui aura la gentillesse de soumettre ma box aux tests demandés.

Ayant une collègue équipée par le même fournisseur, je prends rendez-vous avec elle pour le mercredi soir.

Le mercredi, vers 7h, je rappelle, et une autre voix me dit qu’il est inutile de leur donner à ce moment les coordonnées de mes amis parce qu’il est nécessaire de tester d’abord, et de faire connaître après. Cohérent, pas vrai ?

Le jeudi, vers 7 h, ayant testé tout et tout et tout, je leur signale que l’alimentation est défectueuse. Nous avons donc diagnostiquer la panne, il suffit qu’on m’expédie l’objet incriminé. On me répond qu’il arrivera d’ici 24 heures, au plus tard 72 heures (ce qui veut dire dimanche !). Un peu de diligence, s’il vous plaît..

J’attends.

Vendredi, c’était inespéré.

J’attends.

Samedi c’était logique.

Le dimanche, vers 7 h, je re-re-re-téléphone. Je m’entends dire que le collègue du jeudi matin avait bien signalé qu’il fallait m’envoyer une alimentation mais n’avait pas validé l’envoi. Je reste sans voix.

J’attends toujours en ce mercredi 31 octobre, patience, patience.

 

Conclusions :

-          Si vous avez un problème de maintenance, débrouillez-vous tout seul.

-          Comme vous n’avez plus ni le téléphone gratuit, ni Internet, débrouillez-vous pour les joindre. C’est 0.34€ la minute et vous passez facilement 5 minutes par appel.

-          Ne vous attendez surtout pas à ce qu’on vous rappelle, jamais on  ne l’a fait, ni par téléphone, ni par courriel.

-          Si possible appelez avant 7h le matin, sinon saturation.

-          N’oubliez pas de demander si l’envoi est validé (on ne sait jamais).

-          Et pendant ce temps-là, vous payez votre facture de connexion avec une facilité surprenante. Aucun souci de maintenance dans les banques.

-          Evitez, si vous voulez changer de fournisseur, de vous adresser à Free.

 

 


v
par mpolly publié dans : humeurs communauté : La gazette des blogs
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Vendredi 19 octobre 2007

Jeu proposé par l'équipe de choc.

1-  Envie de manger?
La tomme daubée de ma grand-mère, ce qui évidemment ne m'arrivera plus jamais.

2- Envie de boire?
Un Viognier bien frais.

3- Envie de regarder?
Les cimes roses du matin.

4- Envie de lire?
Cassandre de Christa Wolf.

5- Envie d'aller?
A Florence.

6- Envie d'écouter?
Daniel Mermet, ou dans un autre registre Pierre Desproges.

7- Envie d'appeler?
Ceux qui m'aimmmmmmmmmment.

8- Envie d'embrasser?
Sur la bouche, on va dire Marlon Brondo dans "Un tramway nommé désir", mais j'ai d'autres idées de ce calibre.
Sur les joues, les enfants maltraités.

9- Envie de prendre?
Un grand bol d'air sans cornichon.

10- Envie de crier?
C'est un scandale! (avec, pour ceux qui s'en souviennent, l'accent de George Marchais.)

11- Envie de voir?
Des rêves généreux dans les yeux des petits et des grands.

12- Envie de te confier?
A des mains expertes. (oh! pour les soins du corps, évidemment!)

13- De qui de quoi as-tu envie?
De bisous, de calins, de tendresse, de rires, de chatouillis dans le cou, de...

14- Envie d'être indifférente?
A tous ces intellectuels qui ont réponse à tout. Je ne sais pas pourquoi mais qu'est-ce qu'ils m'agacent!

15- Envie de changer?
L'injustice sociale et mondiale.

16- Envie de pleurer?
Presque tous les matins au réveil. Mais je n'ai pas le temps.

17- Envie de croire?
A des lendemains meilleurs, à des hommes plus partageux.

18- Envie de cinéma?
Une histoire simple, amusante et lucide genre :"Little Miss Sunshine".

19-  Envie d'acheter?
Un ordinateur portable, une voiture, un appartement, un yatch, une petite maison à la campagne, un chalet à la montagne... Non, bien sûr que non! Seulement un voyage à Florence.

20- Qu'as-tu envie de dire à la personne que tu aimes?

 A mes fils qu'ils soient capables d'aimer.

Qui as-tu envie de voir répondre aux questions?
Celui qui en a envie.
par mpolly publié dans : Jeux d'écriture communauté : La gazette des blogs
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Jeudi 18 octobre 2007

proposition de Madam'Aga, suite de texte.



Léa dort.
 

Les pompiers l’ont embarquée.

 

L’hôpital prévenu l’attendait.

 

Elle s’éveilla mais hors d’elle, comme détachée de ce corps brisé. Elle flottait dans une douce musique. Elle voyait qu’on s’agitait, les tuyaux perforaient son bras, entubaient son nez, des mains massaient le coeur, on tira violemment le chariot jusqu’à la salle d’opération. Elle se dit que c’était inutile, puisqu’elle volait juste dessus, c’était bien preuve qu’elle n’était plus à l’intérieur.

 

Elle ne voulut pas savoir ce qui se passait derrière la porte et visita les lieux.

 

Que de souffrances gémissaient là ! Les râles l’énervèrent, elle suivit d’autres couloirs, monta des escaliers. Elle croisa Steve qui descendait, le visage tuméfié et les yeux angoissés. Elle l’accompagna quelques marches mais il était pressé et le laissa, indifférente à son inquiétude.

 

A force de tournoyer à droite, à gauche, elle se trouva en salle d’accouchement. Elle pensa à ses trois enfants qui dormaient encore, elle en était sûre, si seulement elle savait comment aller là-bas. A ce moment un cri. Le nourrisson venait de naître. Elle s’approcha sans se méfier, heureuse d’entendre une vie qui palpitait après tous ces agonisants qu’elle venait de quitter.

 

Soudain, elle sentit en elle un appel irrésistible et se laissa couler dans le souffle léger de l’enfant. Elle était bien, au chaud, tranquille, un sein serein se tendait vers elle. Un calme, un chant d’amour.

 

-  Comment s’appelle cette jolie frimousse ? demanda une voix.

 

-  Léa, répondit la maman.

 

-  Comment ça, Léa? s’exclama le papa, on avait dit Marie.

 

-  Léa lui convient mieux, tu ne trouves pas ?

 

En se penchant sur le visage rose, il acquiesça, béat d’admiration devant les yeux émerveillés qui le dévisageaient.

par mpolly publié dans : nouvelles communauté : Ecriture Ludique
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Mercredi 17 octobre 2007

Journée mondiale du refus de la misère.

Comme les mots seront toujours insuffisants pour évoquer toutes les exclusions, je me sers du regard de Bruno  pour m'exprimer. Peut-être trouverez-vous dans ce paysage hivernal, solitude et froid, abattement et désolation, désespérance aussi. Moi, je ne vois que ce petit abrisseau qui lutte, qui lutte, qui lutte...

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Et pendant ce temps-là, nos députés viennent de se garantir contre l'exclusion en votant pour  tous ceux qui ne sont pas réélus, une indemnité mensuelle  de 6952 € pendant 60 mois, puis 20% de cette indemnité à vie.
par mpolly publié dans : humeurs
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Lundi 15 octobre 2007

mots de Darkia: atypique, dommage, mort, pieu, sang, simple, mains, sentiment, recherche, attente, liqueur, corsage, assaillir, clan, pathétique.


Il y a des matins comme ça !
Avant ils étaient rares, pour être précis on va dire atypiques, mais avec l’âge ils sont devenus si typiques que les dommages
collatéraux qui vont avec m'ont rendue pathétique.

Peut-être qu'il faudrait que je me casse à l'autre bout de la France, que je change d'air, d'endroit, de petit coin, parce que parfois quand je m'extrais du pieu je sais pas pourquoi les objets m’engueulent comme s’ils voulaient ma mort. Je tends les mains à la recherche de mes lunettes, histoire de voir qui m’en veut tant, mais elles se sont planquées rien que pour m’embêter. C’est simple, tout me pourrit, de sales vibrations sont là à m’assaillir, m’assiéger, me crucifier, même le corsage qui va si bien avec cette jupe a disparu. Bon sang ! Je vais craquer ! Une petite liqueur me remonterait peut-être, mais je renonce, faut limiter les dégâts. Les sentiments rageurs tissent sur mon visage une catastrophe qui  ne peut plus se voir dans le miroir. Je pars quand même, petitement, prendre mon bus, et dans l’attente je trépigne pour le retard. Pardi! Je suis bien du clan des démunis, des paumés, des « pas de chance ». Et quand j’arrive, je pète un plomb, vraiment c’est la totale ! Il est à peine 9 heures et tout est inondé, de partout, on patauge et c’est pas rigolo parce que je suis Dame Pipi au Trocadéro.

par mpolly publié dans : Jeux d'écriture communauté : Ecriture Ludique
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Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.

 

Et que vogue le blog.



 




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