juste pour vous...


Sur les conseils de
Quichottine, j'ai créé une page juste pour vous.
Si vous n'avez pas le temps, ou que le billet ne vous intéresse pas, ou que vous n'avez pas envie pour l'instant, vous avez peut-être quelque chose à me murmurer...
cest ici
.
Vendredi 7 mars 2008



Je l’attends. Je me suis garé tout près du bâtiment.

 

Elle va surgir d’un instant à l’autre. Je l’imagine déjà avec ses longs cheveux roux légers et sautillant sur ses épaules menues, son petit air mutin, son manteau noir trop long, sa sacoche en bandoulière et son ordinateur portable à la main. Elle se veut femme d’affaires, alors elle claque d’impatience ses talons un peu hauts, mais elle ressemble encore à une étudiante à peine sortie de l’université.

 

Deux mois que je ne l’ai vue, et encore en courant. Elle court sans cesse, jamais en repos. Je sais bien que son job l’appelle à travers l’Europe, et comme elle déteste l’avion, elle en connaît toutes les gares. Combien de fois suis-je venu ici, dans cette ambiance nauséeuse pour la voir cinq minutes, parfois dix, au mieux une heure, entre deux trains ? Cette fois elle m’a dit qu’elle restait quelques jours, alors j’ai réservé dans un manoir proche de la ville de quoi la régaler en soirée glamour. Ensuite, je la garde, je lui propose ce que je n’ai jamais osé jusqu’alors.

 

Je la garde près de moi, je lui fais un enfant, puis deux, puis trois.

 

Elle ne sait pas encore ce que je lui réserve, ou elle fait semblant d’ignorer mes appels. Il faut dire que je suis timide, et elle est si étincelante que je perds mes moyens, même au téléphone.

 

Mais ce soir, je la garde.

 

J’observe dans le rétroviseur, tout est si calme. Passe et repasse devant ma voiture un vigil qui s’ennuie, un couple de vieux, inquiets, qui se dépêche pour ne pas rater son train, deux copains très pressés eux aussi.

 

Enfin la voilà, je sors de la voiture et lui fais signe, et je vois son sourire s’élargir et son pas accélérer. Tout un bonheur surgit là au centre de ma poitrine. Elle est si belle.

 

On s’embrasse comme d’habitude, deux vieux copains de cours qui se connaissent depuis la première année de fac. Mais j’ai peine à comprendre ce qu’elle me dit. Elle répète :

 

-   J’ai une demi-heure devant moi, je dois être à Amsterdam demain matin.

 

-    Mais tu devais rester plusieurs jours !

 

-    Un imprévu. C’est urgent, tu sais. Viens, on va au café, j’ai laissé ma valise là-bas. Je te raconte.

 

Je suis effondré, tentant de marcher malgré tout dignement. Elle commande deux cafés et vient s’asseoir près de moi. Elle me prend les mains et comme chaque fois qu’elle a ce geste, je sais que ce qu’elle va m’apprendre me laminera. Un nouveau copain, sans doute.

 

Pire que ça. Elle raconte qu’elle va se poser définitivement, en Charente, avec quelqu’un de bien, insiste-elle, elle lâche ce boulot. Elle attend un enfant.

 

Je pâlis, et cela doit se voir car elle me tapote sur les mains.

 

-    Eh ! ça va ?

 

-  Oui, bien sûr ! je suis un peu surpris, voilà tout. Je ne t’imagine pas en mère de famille.

 

Elle rit aux éclats, et sa beauté n’en est que plus terrifiante. Et pendant qu’elle parle, parle, parle de tous ses projets de bonheur, ne serait-ce la breloque qui tambourine trop fort à l’intérieur et qui fait mal, je contrôle au mieux tout le tremblement qui m’envahit.

 

-   C’est l’heure, tu m’accompagnes jusqu’au quai ? me demande-t-elle en rassemblant ses affaires.

 

-   Tu sais bien que non, j’ai horreur des quais de gare.

Elle m’embrasse et s’éloigne vers la sortie. Quand elle se retourne pour m’envoyer de sa petite main ce joli geste d’adieu qui me poignarde chaque fois, je la vois à peine. Je crois bien qu'une larme glisse sur ma joue.


par polly publié dans : le tout et le rien. communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
ajouter un commentaire commentaires (46)    recommander
Lundi 3 mars 2008

Oui, oui, je sais, je dépoussière, manque d'inspiration en ce moment... ça arrive!
Et puis oui, oui, je sais: encore une histoire de guerre!
Mais c'est à cause de la photo ci-dessous.
Et oui, je sais, un peu long, seulement pour ceux qui auront le temps...



Cette demi-journée de ma vie est noire. Cette demi-journée est noire et vraie. Moi qui l'écris aujourd'hui, j'en tremble encore. Poison en moi à jamais, elle m'habite. Elle est noire, vraie et vieille de quarante six ans. Vieille de quarante six ans et vivace, terriblement.

Je la lègue à mes enfants et petits-enfants pour que chaque année, comme moi, ils portent une fleur sur le tombeau d'Agnès A. Un tombeau de sang transformé en eau. Une flaque humaine, là où tomba le corps de cette femme. Ils vérifieront sur le chemin qui grimpe aux Serneaux, après la bergerie des Vernon, que la silhouette apparaît à la première fonte des neiges.

Je dois faire preuve de courage et dire ce que j'ai tu si longtemps. Je dois témoigner maintenant que j'arrive au bout de ma vie et avant que ne se perde la mémoire de ce jour blanc.

 

C'était un jour blanc. Un  de ces jours enneigés de la terre au ciel sans qu'un seul flocon ne tombe. La brume tamisait la lumière, et les lignes des routes, les crêtes des montagnes, les maisons des villages diluaient leurs couleurs et leur forme. Tout se confondait dans l'ambiance crèmeuse. Ce flottement de l'air agitait nos esprits. Nous étions cinq, coincés dans la citroën. Agnès, serrée entre Gilles et Lucien sur la banquette arrière, fixait le rétroviseur et cherchait mon regard. Je l'observais dans ce bout de miroir quand je pouvais détacher les yeux de la chaussée glissante. Elle avait à peine vingt ans, elle était belle sous le béret noir qui ombrait le front haut. Ses prunelles larges et sombres lançaient parfois d'étranges signes: peur, peine, colère. Le plus souvent de la colère. Une froide rage les traversait. Elle avait rendu de grands services à notre réseau. Elle parcourait pour nous l'arrière pays pour transmettre les messages dangereux aux chefs des différents maquis. C'était une fille solide et énergique qui nous avait été envoyée et recommandée par le Major T. responsable du secteur. Seule tare : une arrogance difficilement supportable. Elle manifestait envers nos jeunes combattants une sorte de mépris hautain, comme s'ils n'étaient que de nécessaires excécutants. Elle passait devant eux sans regard, sans bonjour, le pas fier. Mais aujourd'hui je sais qu'elle se sauvegardait, qu'elle évitait de rencontrer affection, amitié, amour parmi ces soldats de l'ombre exposés à la mort. Je l'avais cru fidèle à notre cause, attachée à la liberté de notre pays. Je dus me rendre à l'évidence : les preuves s'accumulaient. Elle trahissait. Nos repères, un par un, tombaient aux mains de la gestapo. Nos maquis étaient de plus en plus menacés. Le réseau Martial venait d'être démantelé.

La citroën se gara près d'une autre voiture. Mangier et les siens étaient déjà là. Lucien tira Agnès de la voiture. Elle dit les dents serrées:

- Laisse-moi. Je ne vais pas m'envoler!

- Avec toi, on sait pas! répondit-il en maintenant la pression.

Elle avait les mains liées. Elle les leva d'un geste menaçant, mais Gilles saisit l'autre bras, et tous deux la tinrent fortement. Mathieu haussa les épaules devant la férocité des deux hommes et me lança du regard un appel à l'indulgence.

- Pas la peine de la tenir ainsi, laissez-lui un peu d'air.

A mon ordre, ils desserrèrent l'étreinte, mais durant toute la montée jusqu'à la bergerie, ils ne lâchèrent pas un instant ce jeune et vigoureux corps. Assis autour d'une vieille table branlante, ils nous attendaient : Mangier, Guérin, Artunser, Velaz et Marthe V. C'est à moi qu'échut la lourde tâche d'ouvrir le procès. Mathieu servait de greffier. Toutes ses notes sont consignées. Elles dorment dans la malle noire, au grenier. Je les ai relues souvent comme pour me punir de n'avoir pas eu ce jour-là plus de discernement. Je ne vais pas retracer toutes les étapes de cette horrible injustice, je vais aller à l'essentiel, l'affrontement entre elle et Guérin.

Au début, elle se tut. Obstinément. Elle jetait parfois de lourds regards vers Guérin. Ce dernier était comme absent du débat. Il fumait cigarette sur cigarette. Au moment crucial de l'exposition des photographies la montrant dans les bras d'un officier allemand, elle explosa.

- Vous êtes odieux! Ce n'est pas un procès! Comment puis-je me défendre? vous avez tout prévu d'avance, je n'ai aucune chance!

- Reconnaissez-vous cet officier? demanda Mangier.

- Bien sûr! Et vous aussi! C'est le lieutenant Strassberger. C'est Guérin qui m'a envoyée à cette mission. Et vous le savez bien!

 - Comment? s'exclama Marthe V. Explique-nous Guérin.

Guérin se tourna enfin vers Agnès. Il exhala une bouffée de fumée et froidement, tranquillement, raconta.

- En effet, je l'ai envoyée en mission auprès de Strassberger. Je pensais qu'elle saurait le séduire. Et c'est ce qu'elle a fait. Les photographies ont été prises par un de mes hommes. Je tenais quand même à m'assurer qu'elle restait dans les limites que je lui avais données.

- Quelles limites? Soyez plus clair, demanda encore Marthe.

- Elle avait pour ordre d'extorquer tous renseignements concernant les prochaines manoeuvres allemandes. Elle ne devait en aucun cas fréquenter d'autres militaires, elle devait séduire l'officier pas devenir sa pute française qu'il exhibait!

- Taisez-vous! cria Agnès, c'est insupportable d'entendre ça! J'ai toujours gardé mes distances!

- Alors justifie ce baiser! Très langoureux ce baiser! Pas vrai?

Velaz montrait le document sur lequel Agnès embrassait à pleine bouche Strassberger, autour d'eux une troupe de fringuants officiers allemands applaudissait.

- Oui, je l'embrasse. Je l'ai embrassé plusieurs fois. Il fallait bien que je lui donne quelques gages. Strassberger, contrairement aux apparences, est un romantique. Il pense sincèrement que je l'aime et il croit que je suis son grand amour. Ce soir-là, il a fallu fêter nos fiançailles. Je l'ai dit à Guérin. Guérin sait tout. Je ne comprends pas pourquoi il se tait là dessus!

- Tu ne m'as jamais parlé de fiançailles Agnès, dit calmement Guérin. Jamais! Au début, tu donnais tout ce qui te tombait sous la main et peu à peu les renseignements se sont faits rares, trop rares et tu ne venais pas toujours aux rendez-vous.

- Tu mens Guérin! Tu mens! Je ne sais pas pourquoi tu fais ça mais c'est ma parole contre la tienne n'est-ce pas? Je n'ai donc aucune chance!

- En effet, c'est ta parole contre la mienne Agnès. Et depuis quelques temps, depuis ces fameuses fiançailles, nos hommes, comme par hasard, tombent un à un.

- Guérin je t'ai remis une pellicule récemment.

- Quelle péllicule ?

- Tu le sais bien, je le lis dans tes yeux. Raconte ce que contenait la pellicule.

- Comment veux-tu que je le sache! Tu ne m'as rien remis depuis une bonne quinzaine.

- Tu mens. J'ai la preuve que je te l'ai bien remise. Seulement il faut que vous alliez voir le Major T.

Je vis Guérin pâlir sous son air détaché. Sa cigarette tremblait légèrement, mais je n'y vis qu'une émotion normale dans l'affrontement qu'il subissait.

- Elle veut simplement gagner du temps! s'exclama-t-il. Elle sait très bien que le Major est à Londres en ce moment.

- En effet, mais s'il faut attendre son retour, nous l'attendrons, dis-je. Nous devons rester équitables. Elle restera ici, sous la garde de trois hommes, pendant que nous irons aux renseignements. En attendant Agnès tu peux nous dire ce que contenait la pellicule,

- Guérin le sait aussi. J'ai eu accès aux registres que tenait Strassberger. Une chance folle:  j'étais avec lui, dans un bistrot du centre. Un de ses camarades est venu lui demander un service. Il a laissé sa serviette sous la table. Alors je me suis tranquillement levée, la serviette sous le bras et je suis allée aux toilettes. Ce registre notifiait les prochaines manoeuvres sur le sud avec les dates et les noms des troupes. J'ai photographié chaque page. Je suis revenue m'asseoir. Strassberger était déjà là. Il était rouge de colère quand il m'a vue avec sa serviette. Je lui ai expliqué que j'avais eu un besoin urgent et que je ne pouvais pas laisser sa serviette à la portée de tout le monde. Il me semble qu'il m'a crue.

Elle m'impressionnait. Elle avait parlé avec fermeté et conviction. Je commençais à avoir un doute, un mince filet de doute. Seul le Major pouvait nous venir en aide.

On entendit des voix. Qui pouvait venir nous déranger, sinon...

On sortit nos armes, prêts à défendre chèrement notre peau. Agnès eut un regard de panique vers Guérin avant de se glisser sous la table, les mains toujours liées. Je remarquai un imperceptible sourire sur le visage de Guérin, mais je ne l'enregistrai pas comme tel sur l'instant. Je crus plutôt à une crispation des mâchoires.

On frappa.

- C'est moi, Gilles. Y a Cervan qu'a une mauvaise nouvelle. Il arrive de Lyon.

Soulagés, tous soupirèrent. Les armes retrouvèrent leur place, au chaud sous les manteaux. Cervan entra. Gilles referma la porte derrière lui et partit reprendre son guêt. Agnès se releva. Elle avait le visage défait.

- Je viens d'apprendre l'arrestation du Major. A Lyon. Il n'a jamais atteint Londres. Frouquier, vous êtes désormais le seul responsable du secteur. Je viens aux ordres.

Je sentis le sang se retirer de mon visage. Le Major était un ami. Il fallait immédiatement que les réseaux se désorganisent. Chacun savait ce qu'il avait à faire. J'étais persuadé que le Major ne parlerait pas sous la torture, mais c'était la procédure.

- Prévenez tout le monde, Cerdan. Ne perdez pas de temps. Nous en terminons ici et nous ferons de même.

Tous les regards convergeaient vers Agnès. Tous les regards l'accusaient. Elle le sut. Elle se redressa, le visage fermé et n'ajouta pas un mot.

Marthe V respira fortement avant de lancer.

- Je crois que ça suffit maintenant. Sa culpabilité est évidente. Pressons-nous.

Il se passa ce qui se passe toujours dans ces cas là. On vota, à main levée. J'ai levé la main : coupable. A l'époque trouble que nous vivions, la condamnation à mort d'une personne, quelle qu'elle soit, ne me laissait pas d'état d'âme. Nous étions en guerre. Cependant, j'ai levé une main hésitante en regardant le beau visage d'Agnès, son beau visage lisse qui ne vieillirait pas, son beau visage impassible et lointain, inaccessible. J'avais dans la poitrine un tremblement affreux. Mais j'ai voté la mort.

Elle est partie sur ce chemin de neige. Les mains liées. Derrière suivait Gilles. Il a visé la nuque. Elle est tombée à plat les bras sous son corps, la face dans la mollesse d'une neige lourde, la jambe doucement s'est posée sur l'autre, comme au ralenti. De la bergerie, on regardait tous la silhouette étendue, cette ombre noire semblait marcher encore sur la pente du sentier.

 

 

C'est à la libération que j'ai commencé mes cauchemars. Cinq mois plus tard, cinq mois trop tard. J'avais réussi à rejoindre Londres après le procès d'Agnès. Puis j'ai débarqué avec Leclerc. Enfin ce fut Paris. Là, j'ai retrouvé le Major. Vivant. Toujours actif dans les services de l'armée. J'aurais hurlé de joie s'il ne m'avait lancé une oeillade glaciale et dit d'un ton sec:

- Vous avez manqué de discernement le 11 mars 44, Frouquier. Je n'ai jamais été arrêté à Lyon!

- C'est Cerdan qui nous a prévenus, plaidai-je.

- Inutile de vous justifier. Je sais tout. J'ai retrouvé Mathieu, j'ai lu chaque ligne de ce foutu procès. A aucun moment vous n'avez mis en doute sa culpabilité. Vous êtiez donc si sûr de Guérin et sa bande?

- Oui. Je ne vois pas comment j'aurai pu douter de lui. Il était là avant moi, et il a souvent risqué sa vie pour nous.

- Lui pourtant se méfiait de tout le monde. Il enquêtait sur vous, comme il enquêtait sur chacun de nous. Vous auriez dû être plus vigilant et faire une contre-enquête dès que vous avez eu les premiers éléments. Malheureusement vous ne l'avez pas fait! Personne n'a été chargé de préparer la défense d'Agnès! Ce n'était pas la justice que j'attendais de vous. Dès mon retour en France, j'ai retrouvé Guérin, Cerdan et trois autres complices. Ils ont avoué sans difficulté. Ils sont froids maintenant.

Il me tourna le dos me laissant en plein désarroi. Je l'appelai:

- Mais Major...

Il fit demi-tour et d'une voix atone, presque dans un souffle ajouta:

- Agnès était ma fille. Je connaissais toutes ses missions. Son vrai nom est Armelle d'Amonville. Ne l'oubliez pas.

 

Non Armelle, je ne t'oublie pas. J'ai reçu le journal que tu tenais en ces années  noires, cadeau hérité de ton père. J'ai compris alors ton terrible silence lorsque tu appris son arrestation. J'ai compris aussi ton arrogance, toi qui avais perdu ton amour dans les combats de la première heure. Ce journal a rejoint la malle du grenier. Il est écorné, jauni, sali: j'ai tant pleuré sur lui.

Chaque fois que je le peux, un 11 mars, aux premières fontes, je me rends à la bergerie des Vernon. Et la flaque est là, te contenant toute. Silhouette d'eau sur le chemin de neige, tu sembles avancer avec accablement, et je te regarde, je regarde cette souffrance que tu es devenue. Je te rejoins dans la pente et je pose sur ton dos d'aquarelle l'orchidée blanche de mon remord.

  undefined

                                                        photo de  Bruno.

 
     .

           

par mpolly publié dans : nouvelles communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (34)    recommander
Vendredi 29 février 2008
.
 La Gazette des blogs propose:

«  On dit que dans le cyberespace il existe un blog maudit, malheur à celui qui le lit, malheur à celui qui y dépose un commentaire, sa vie ne sera plus jamais la même, il sera à jamais prisonnier de la malédiction virtuelle… Les rumeurs les plus folles circulent à propos de ce blog. C’est une histoire que les blogueurs se racontent le soir en chuchotant sur leurs claviers…Beaucoup croient que ce n’est qu’une légende car ils ne l’ont jamais lu mais moi, je sais qu’il existe vraiment… »

 
 

   
 

Cyberspace, blog, virtuel…. Ben voyons ! Comme ils me cassent, on dirait, sur la gazette des blogs. Pourtant je l’aime bien ce blog ! Je ne lui ai jamais fait de mal et lui non plus. Là, je suis pas trop content.

 

Moi, j’ai rien fait, je jure. Et on me condamne comme ça pour le plaisir du jeu. Une légende ? N’importe quoi ! A vrai dire, je ne sais pas s’il cause vraiment de moi, parce que depuis quelque temps je me fais discret. Et c’est qui celui qui m’a vu ? L’ose pas dire son nom ! Trouillard ! Moi, je suis pas méchant, juste énervé parfois.

 

Je vous explique :

 

J’ai juste eu un moment de rage tout au début quand je ne savais pas me dépatouiller avec OB. Il m’en a fallu du temps pour organiser un espace agréable et gentil et puis j’ai eu un commentaire pas très sympathique, et puis deux, et puis trois. Je ne comprenais pas, je ne les connaissais pas, moi, ces gens-là. Que me voulaient-ils ? Mon blog était ce qu’il était, avec des boules de pétanque qui se la jouaient doucement sur un cochonnet tranquille. Je traçais des trajectoires, et de temps à autre je montrais mes meilleurs biberons en vidéo cool. On a le droit d’être fan de pétanque, non ? Et c’est une vraie passion plus que de la boule lyonnaise (désolé Captain Lily) parce qu’à la pétanque on s’engueule pour de rire, et j’aime bien ça, m’engueuler pour le plaisir. J’embêtais personne, moi, je partageais, c’est tout !
Et ces gugusses sont arrivés avec leur grande moquerie, leurs sarcasmes déplacés, et leur perversité parce qu’ils me laissaient des trucs pas racontables sur les boules.

 

Moi, je suis pas méchant mais quand on m’énerve un peu, j’encaisse mal. Alors je suis allé sur le leur et j’ai fait à l’identique. Pardi ! J’allais pas me laisser enfoncer un cochonnet dans la gorge. La guerre était déclarée.

 
Bien !
 

Quand il y a guerre, il y a stratégie. Je me suis mis comme un dingue à fréquenter les forums, les chats, toutes les combines pour maîtriser un maximum de connaissances afin de gérer efficacement mon blog.

 

Et j’ai réussi à faire des manipulations assez crash, genre je mets un commentaire chez quelqu’un et il peut plus s’en défaire, un commentaire bien salé si possible. Je sais faire sauter comme rien le modérateur. Facile !

 

Chez moi, ça bougeait aussi du coup. On venait l’écume baveuse sur le clavier m’insulter. Comme je ne joue pas qu’à la pétanque et que je suis un grand chasseur de palombes, je sais la patience qu’il faut pour l’affût, et j’affûtais mes armes informatiques.

 

Et j’ai visé.

 

Mais je ne m’attendais pas au résultat. Ben ça non !

 

J’avais sûrement bidouillé de travers. Les blogueurs les plus avertis ne devaient pas en revenir. Impossible désormais pour eux de publier, de se balader chez les autres, coincés dans leur écran plat. Je les ai vus s’agiter dans leur prison virtuelle à faire des gestes de SOS. Moi-même je ne savais pas revenir en arrière. Alors j’ai arrêté. J’en avais atteint six. Pas plus promis, que six ! Et voilà qu’on m’accuse de détraquer tout le monde ! Je me demande d’ailleurs toujours s’ils sont encore dans leur écran, je n’ose plus aller voir, ni même aller voir personne, sauf la gazette, silencieusement, en passant par des chemins de traverse, sans déranger le monde, j’avais pas envie que les quatre mignonnes qui s’en occupent soient à leur tour enfermées dans leur blog. Remarquez à quatre, on peut faire une belote.

 

D’une certaine manière je suis coincé aussi, j’ai essayé de supprimer mon blog, mais voilà, il refuse. Il s’ouvre dès que je branche l’ordinateur, un vrai pot de colle. J’ai bien essayé sur des ordinateurs d’amis, mais depuis que ces derniers ne s’ouvrent que sur mon blog, ils me haïssent.

 

Pourtant je vous jure j’étais pas un méchant gars, mais je crois bien que j’ai mis un peu la panique partout. Enfin, vous voyez bien je n’ai pas fait grand-chose, alors pourquoi me maudire comme ça ? Je me suis juste vengé un peu et comme je ne suis pas un grand informaticien, j’ai pas su effacer. Et je ne peux plus le faire parce que mon blog il est coriace à fond, comme s’il avait une vie propre, et ça je contrôle pas.

 

Sinon, vous pensez bien, je l’aurais fait. Quoique !

 

Je vais aller lire ce qu’on dit de moi, et je vous souhaite que ça ne m’énerve pas.


Et si vous avez lu jusque là,
alors vous avez compris
que j'suis un peu zazou.



par polly publié dans : Jeux d'écriture communauté : La gazette des blogs
ajouter un commentaire commentaires (42)    recommander
Lundi 25 février 2008

A tous ceux qui ont encouragé Thomas lors de l'article que j'ai publié: PUNITION.
Je vous laisse le commentaire qu'il a posté aujourd'hui.

merci ça me touche beaucoup tout se qui a été écrit
franchement je ne pensais pas qu'un simple petit texte comme celui ci attirerait autant de commentaires^^
je crée un blog des maintenant
dont ladresse sera comuniquée dans un prochain commentaire
^^
en tout cas je remercie tous ces gens qui m'encourage à écrire et
si j'écris c'est aussi pour partager
et quelque part ça fait plaisir que mes textes soient appréciés vu que j'écris avec 100% de ma sensibilité et le coeur seul parle.
je prévois prochainement de chanter aussi ce que je gratte sur mes feuilles^^.
je vous envoie une bise madame~~ ou plutôt Martine
ça fait bizare, tant habitué à vous vouvoyer^^


par polly publié dans : le tout et le rien. communauté : La gazette des blogs
ajouter un commentaire commentaires (28)    recommander
Vendredi 22 février 2008

La grande Rouquine
de
Joëlle.


undefined
 




La grande rouquine, moitié ondine, moitié sirène émergeait chaque matin de temps violent. Sa chevelure lumineuse ensoleillait la plage, de petits yeux noirs à l’affût s’émerveillaient derrière un buisson d’aubépine. Elle dansait sur un tempo de plus en plus lent, ses longs cheveux emmêlés d’algues voguaient au rythme imposé.

 

Les yeux noirs brillaient.

 

Et le corps tanguait voluptueux dans sa jupe étroite d’un rouge étourdissant. La voix s’élevait de plus en plus puissante, les notes les plus hautes ensorcelaient la forêt qui se taisait ahurie de leur clarté qui sonnait . Le timbre de velours dans des hauteurs célestes modulait la mélopée fascinante.

 

D’autres yeux noirs brillaient entre les branches.

 

Elle poursuivait sa danse, le corps se pliait puis se dépliait, jamais les pieds ne bougeaient, le mouvement des jambes, des cuisses, des hanches, de la taille, du buste, du cou n’avait aucunement besoin d’appui. Légère, presque aérienne, et pourtant toujours à la même place pendant que dans son dos, l’océan mugissait, féroce, impétueux, pendant que le ciel martelait sa colère et que ses vents préparaient la houle engloutissante.

 

Les yeux noirs brillaient et dans cet éclat la peur.

 

Elle fermait les yeux, concentrée à contenir la tempête qui préparait ses cymbales, elle écartait ses beaux bras blancs et son bassin lentement s’enroulait et se déroulait sous son chant de plus en plus envoûtant. Sa puissante chevelure de feu, lourde d’eau résistait aux assauts du vent.

 

Les yeux noirs n’entendaient qu’elle et brillaient d’un espoir.

 

Tout le jour et toute la nuit elle dansa.

 

Tout le jour et toute la nuit elle chanta.

 

Derrière elle l’océan faiblissait.

 

Derrière elle les vents mollissaient.

 

Au matin du jour d’après, elle s’épuisa, et son corps s’affaissa d’un beau tremblement de victoire.

 

Les yeux noirs s’approchèrent.

 

Des hommes l’entourèrent. L’un deux, le plus grand couleur ébène, la prit dans ses bras et la souleva. Il la porta jusque dans l’océan aussi loin qu’il put. Immergés, émergés leurs deux corps ondulaient en vagues d’amour dans les senteurs marines, leurs ébats soulevaient les couleurs embrasées de corail. Elle se laissa emporter par la puissance de ces bras tendres, ils roulèrent, luttèrent longtemps dans l’écume et au milieu de nulle part, elle plongea et disparut.

 

Les yeux noirs sur la plage attendaient le retour de leur compagnon, ils savaient qu’il ne serait jamais plus le même.


 
Le Jour d’après.
Joëlle

undefined
par polly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (25)    recommander
Jeudi 21 février 2008

 

Pour la petite fabrique d'écriture, la nouvelle consigne:

"Tu prends la première rue à droite", 

puis se laisser aller là où votre imagination vous porte au fil de l'écriture!
       
 

 Ecrire comme ça vient, tout en reprenant le plus souvent possible l'usage du

 

"Tu" , suivi d'un verbe.
Avancez derrière lui comme s'il vous servait de guide !

Cela ne vous empêchera pas de décrire le paysage, les personnes ou les animaux rencontrés ... d'avoir vos propres réflexions ...



 
 

-          Tu prends la première rue à droite, je suis sûre que c’est là, me dit Nad.

 

Mais comme d’habitude, avec mes mains qui s’emmêlent et qui ne savant pas distinguer droite et gauche, je prends la première rue à gauche, .

 

-          A droite ! Que fais-tu ?

 

-          Aaaaaarrrrrrrrrrgggggggggg^^^/^^^ ?!: ### ! !?

 

Bon, pas grave, je vais leur montrer ce qu’est un demi-tour réussi avec la P60 de mon pépé, le tank dont on m’a fait cadeau après le bac dans les années 70. Une machine qui boit du 14 litres aux 100 kilomètres, pas nerveuse pour deux sous, et qui en plus a besoin de bras bien musclés pour manier le volant.

 

-          Tu fais pas ça ! rouspète Biche à l’arrière, parce que c’est sens interdit.

 

-           Si, je fais ça ! J’ai plus de carburant les filles, si on traîne on rentre à pied.

 

Doum et Nad approuvent pendant que Biche regarde de tous les côtés. On ne sait jamais, à 4 heures du matin, il se pourrait bien que la circulation devienne intense tout d’un coup. Mais je me dépatouille à reculer, à avancer, à reculer encore. Pire qu’un cent mètres nage libre, je vous dis. Enfin, le carrefour, et ziiiiiiiiippppppp juste la rue d’en face.

 

-          Tu es sûre, Nad ? ça ne me dit rien.

 

-          Sûre…euh ! un peu.

 

-      Juste un peu qu’elle dit ! La jauge est à zéro depuis un moment. Qu’on trouve au moins une station ! Villeurbanne, je sais pas pourquoi ça me fiche la trouille.

 

Il faut avouer que c’est un ensemble d’immeubles plutôt gris foncé, plutôt triste, avec des façades aux yeux éteints, un enchevêtrement successif de rues mal embouchées, et des travaux un peu partout qui vous dévient de votre trajet. A l’époque, cette ville n’avait pas vraiment bonne réputation. Les quatre minettes qui ont dansé toute la nuit sont épuisées, elles aimeraient bien retrouver leur petit lit, mais tout ça semble mal parti. Finalement je m’arrête près d’un abribus.

 

-          tu fais quoi ?

 

-          Y-a un plan. On regarde où on est.

 

Et trois d’entre nous de s’extraire avec nos jolis escarpins et nos jupes virevoltantes. On s’interroge, on cherche, on trouve une avenue qu’on connaît. Ce serait bien de la rejoindre. Mais par où ? On va à droite ? à gauche ? Et si c’est cette rue plutôt que celle-là ? On commence à baliser, d’autant plus que des phares se pointent , on remonte vite dans la voiture. Doum dort, la veinarde ! En passant près de nous, une Diane sursaute dans laquelle deux têtes de gars tout étonnés nous matent. Personne n’en mène très large, je redémarre un peu sèchement quand je vois les ahuris faire demi-tour pour nous rejoindre. Ouf ! On les sème.

 

Pas tout à fait, quelques minutes plus tard, ils nous collent.

 

-          Tu vas trop doux, fonce !

 

-          Fonce ! Fonce ! Tu veux vraiment rentrer à pied, toi ?

 

-     Attention ! c’est l’orange ! me crie Biche, alors que je m’apprêtais à brûler le feu.

 
       Je freine avec force.
 

Je ne sais pas pourquoi je dois être formatée aux ordres du code de la route. Un grand bruit à l’arrière, la Diane a percuté mon tank.

 

-          Tu fais quoi ?

 

-          Et toi tu ferais Quoi ? On les laisse là ?

 

Je regarde dans le rétro, deux beaux gosses totalement désarmés. Nous sortons toutes les quatre, sous le choc Doum s’est réveillée, et nous constatons l’état de leur voiture. Le devant totalement écrasé, les roues de travers, le moteur par terre. Elle n’a pas aimé rencontrer mon pare-chocs. La P60 est intacte comme d’habitude. Indestructible.

 

-         Ben, je croyais que vous alliez grillé le feu ! nous dit le pauvre conducteur paniqué.

 

-          Bon, on va pas rester là ! on vous amène à un garage mais on sait pas où en trouver.

 

-          Moi je sais, dit l’autre.

 
     On s’entasse dans ma limousine.
 

Elle ne démarre pas. Panne d’essence. Et gros fous rires, parce que là vraiment, c’est trop ! Un rire qui secoue ma Roll’s, et pourtant il lui en faut beaucoup pour tanguer, je suis sûre qu’elle n’en a jamais connu d’aussi dense, d’aussi inextinguible, d’aussi phénoménal.

 

Quand on se calme, l’un des petits gars qui a de la ressource, pompe dans le réservoir de la Diane de quoi rejoindre les boulevards.

 
 
par polly publié dans : Jeux d'écriture communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
ajouter un commentaire commentaires (22)    recommander
Mardi 19 février 2008


En balade au bord d'un des lacs, j'ai pris quelques clichés pour vous faire partager la beauté du site, et même si je ne suis pas douée pour la photo, le paysage se suffit à lui-même.

undefinedParce qu'il fait si bon d'être au bord de l'eau.

undefinedGlissent, glissent les palets de glace.

 
undefined                                                                                                                                                                    lac de Laffrey.

Chemin silencieux où se taisent l'hiver les rires des nageurs.


par polly publié dans : humeurs communauté : La gazette des blogs
ajouter un commentaire commentaires (39)    recommander
Mardi 19 février 2008
 
 
 
 

Irène m’a taguée, la coquine !

 
 
 
 

Règle du jeu :

 

-         mettre le lien de la personne qui vous tague. 

-         Mettre le règlement sur votre blog. 

-         Mentionner 6 habitudes ou tics non importants sur vous-même.

-         Taguer 6 personnes dans votre billet en mettant leur lien.

-         Aller les avertir directement sur leur blog.

 
 
 

Comme je n’ai pas de tics (vrai de vrai !) je vous livre ces petites gestes quotidiens sans importance.

 
 
 

1-  Depuis que j’a ouvert le blog, je m’installe avec mon café le matin de bonne heure avant de faire toute autre chose. Et je laisse l’ordi branché jusqu’au soir, alors que je râlais contre Fiston 3 pour qu’il l’éteigne les matins où il se connectait !

 
 

2- Mon premier geste quand j’arrive en salle des prof, (avant tout le monde… tranquillité matinale !) c’est la machine à café que je remplis d’eau pour la matinée. Ensuite la plupart du temps, je squatte le photocopieur.

 

3-  Dès que je rentre dans ma classe, en attendant l’arrivée des élèves, je me colle au radiateur, y compris l’été.

 

4- J’ai peu de goût pour le ménage comme beaucoup, il faut que je me prépare psychologiquement et j’y cours à fond. Quand c’est parti, c’est parti !

 

5-  Je trimballe un livre dans mon sac, mais la plupart du temps je ne l’ouvre pas, c’est juste pour me sécuriser si jamais je dois attendre quelque part. J’ai des médecins ponctuels, alors…

 

6-  Je fume. Mais sur mon balcon, jamais à l’intérieur parce que j’ai horreur de l’odeur de tabac froid. Mais j’ai fait un pari avec moi-même. Le 1° juillet 2008, j’aurai arrêté cet esclavage.

 
 
 

Comme je suis très obéissante (hum !) je respecte les règles, je tague : Domi, Françoise, Joëlle, Loula, Oncle Dan et Vinnce.

 

Je vais les prévenir, mais ils feront s’ils le souhaitent, bien entendu.


par polly publié dans : le tout et le rien. communauté : La gazette des blogs
ajouter un commentaire commentaires (12)    recommander
Samedi 16 février 2008

En attendant de retrouver un peu d'inspiration, je dépoussière Séparation.

  proposé par avisagedécouvert: écrire à partir de deux images.

220px-Hua-Yen-001.jpg


Hiro
Je marche depuis si longtemps.
N’arriverai-je jamais ? Tout ce désert de blanc, cette montagne à franchir. Je suis persuadé qu’elle en cache une autre. Ce rocher sur ma route est comme un abri, je vais me reposer mais surtout ne pas dormir. Pendant que je me restaure du frugal repas, un haïku me vient de cette neige parfaite :
comme un souffle éternel
demeure en mes cristaux
l’insoumis repos.
Mes mains gelées ne sauraient tenir la plume, mais je compte sur ma mémoire, je ne me laisserais pas glacer le cœur, mon père n’aura pas la victoire, mes études avec ce maître lui prouveront ma détermination, et s’il faut encore et encore travailler, je le ferai pour échapper à la tradition. Je ne serai jamais un guerrier, même si j’ai dans les veines ce courage ancestral, je ne me soumettrai pas à l’implacable loi des seigneurs. Je leur lirai ma poésie, je dédierai mes haïkus à leur généreuses concubines, et vanterai de mes inspirations leur témérité. Ma trace au-delà des siècles franchira les frontières pendant que de leurs dépouilles on oubliera leur nom. Yuka m’attend, dans sa triste demeure, elle chante mon retour, et je reviendrai fier et fort et sage à temps pour nos fiançailles.
  

17b.jpg

Yuka.
Il est parti celui que j’aime.
Il a franchi les hautes montagnes glaciales, et je suis seule depuis des mois à chantonner avec toi dans cette cage. Mes jours, mes nuits ne sont plus que bruissements d’attente. Je voudrais connaître pour lui les mots sans fin qui se murmurent au creux du cou. Les servantes m’en ont bien donné quelques-uns, mais je n’oserai pas les dire tout haut. Je les garde, en grand secret, au fond de moi pour son retour. Reviendra-t-il jamais cet entêté que je connais depuis qu’enfant je gambadais dans ses jardins, le regardant rêver près de l’étang ? Nos familles ont conclu depuis longtemps ces épousailles, et je peux avouer qu’il me plaît fort ce poète rebelle. Il est allé chercher loin de moi une reconnaissance, ayant été remarqué par le Grand Maître en poésie. A l’aube, j’ai entendu ma mère soupirer près de mon père. S’il tardait à revenir, ils pourraient rompre la promesse. J’aurai bientôt 15 ans, je vieillissais, disait-elle, des courtisans ne manquaient pas autour de moi. Et j’ai couru vers toi, mon bel oiseau, pour ne pas pleurer déjà l’impossible retour.

 

par polly publié dans : Jeux d'écriture communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (28)    recommander
Jeudi 14 février 2008



Rédaction sur le comportement d’un élève de Terminale BEP.

 
 
 

T. R. a 17 ans. Je ne connais pas les raisons de cette punition, je ne l’ai pas en cours cette année. La surveillante m’a montré ses rédactions et j’en ai récupérées quelques-unes. Il a gentiment accepté que j’en publie, et moi je l’encourage à créer un blog pour mettre en ligne ses 180 textes qui dorment dans ses cartons.

 
 
 

J’ai choisi celle-là parce qu’elle me touche.

 
 
 

J’ me demande encore pourquoi j’ai fait ça !

J’en suis désolé, croyez-moi
J’ réagis qu quart de tour

Les remarques me frappent comme si j’étais un tambour

En ce moment les cours ça allait mieux

Hier j’avais les larmes aux yeux

Ma réaction indiquait combien je n’étais pas heureux

Mais aujourd’hui
C’est bon j’ rebondis

Même si c’est dur, j’ vous assure

J’ fais pas exprès de me métamorphoser en mur

J’ai toujours du mal à encaisser

Et quand j’y pense, j’en attrape même l’envie de pleurer

J’ m’excuse encore avec sincérité

J’ vous prie de l’accepter

C’est difficile car les dérapages commencent à s’accumuler

Je regrette mes mots tirés jusqu’à l’insulte

Pour dire ça j’ai été nul et voilà où cela résulte

J’marche tout le temps sur les sanctions

Pourtant je copie mes leçons

Et je fais beaucoup moins le con

C’est pas à moi de hausser le ton

J’dois arrêter et me taire pour pas manger des punitions

Ou ce genre de rédaction
Ce matin je suis plus fort

J’viens pour bosser et faire encore des efforts

Parce que quand c’est le cas en vérité mes doigts j’ les mords.

 
 
TR.

par polly publié dans : le tout et le rien. communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
ajouter un commentaire commentaires (29)    recommander

intro

Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.

 

Et que vogue le blog.



 




pageàmoi

fasiladoré

tiroirs