juste pour vous...


Sur les conseils de
Quichottine, j'ai créé une page juste pour vous.
Si vous n'avez pas le temps, ou que le billet ne vous intéresse pas, ou que vous n'avez pas envie pour l'instant, vous avez peut-être quelque chose à me murmurer...
cest ici
.
Mercredi 9 avril 2008

 

Billet ramassé sur un trottoir, l'équipe de choc demandait de nous en inspirer, utiliser des figures de style, et citer le contenu.


 

 

- Et tu l'acceptes !
- Tu ferais quoi ?
- T'as vu cette injonction : « hors de question qu'une fille dorme ici !» ? Et un garçon il peut dormir ? Et si ce papier n'était pas tombé de ta poche, si je ne le ramassais pas sur tes pas, dans cette flaque, je ne savais rien... Je peux pas dormir chez toi alors.
- On va à l'hôtel.
- T'es cinglé ! T'as pas les moyens, ni moi.
- Chez toi.
- Peux pas, tu sais bien mes vieux.
- C'est pareil pour moi.
- C'est pas tes vieux ! Et regarde ce papier rose ! Ridicule ! Et « vas » avec un s ! ça passe le concours bientôt ! Faudrait que ça soigne son écrit !
- Parce que toi t'en fais pas de fautes peut-être.
- C'est pas pareil, je ne veux pas être prof, et moi au moins je connais mon impératif. Mais ça ne me viendrait pas à l'idée de l'utiliser pour un pote.
- Un pote, faut pas exagérer. Une collocation, c'était à prendre ou à laisser.
- ...
- On fait quoi ?
- ...
- T'as pas une idée.
- Si.



---------

 

 


- Mets le son plus fort.
- Tu crois ?
- Oui.
- Ça tourne en rond... entrera, entrera pas. ?
- Parle pas si fort.
- T'es couard mon Julien! va pas te virer quand même !


------


- Tu pourrais frapper avant de pénétrer dans ma piaule ! On t'a pas appris la politesse.
- J'avais dit pas de fille...
- Nan ! t'avais dit pas dormir ! Elle va pas dormir.
- Et.. heu ! vous faites quoi ?
- Ben, tu vois on regarde un Bambi. C'est pas de notre âge peut-être?


 


 

 

 

par polly publié dans : humeurs communauté : La gazette des blogs
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Dimanche 6 avril 2008

Ce cadeau a 16 ans aujourd'hui,
pour lui je republie ce billet,
pour lui murmurer une fois de plus
 combien il est un bonheur de chaque instant.






Elle ne voulait pas le croire, ne pas penser. Sa balade en Norvège la ramenait bizarre, avec un étrange chaloupé dans le corps, elle qui ne craignait pas la mer. Ni l’air, ni la terre.

 

Elle ne voulait pas savoir, pas tout de suite, pas encore. Les vacances s’étiraient et l’évidence se précisait.

 

Avant l’arrivée, elle tendit le doigt vers la pharmacie. Nécessité. Le sol français sous ses pieds, la maison qui se rapprochait.

 

Dans les sièges, à l’arrière, les deux grands sagement lisaient, ou jouaient, ou dormaient. 

 

Ils posèrent les valises, déchargèrent le coffre. La tête dans les nuages elle prépara le repas. Elle avait pratiqué ce test d’infortune. Elle saurait tout à l’heure.

 

Le cœur qui bat.

 

Elle savait. Erreur de calcul, erreur de juillet. La lune a parfois de drôles de dérapages.

 

Elle savait avant. Les seins qui gonflent, les déjeuners norvégiens à ras la nausée. Les odeurs de poissons impossibles à supporter, alors qu’elle les choisit toujours dans ses menus.

 

Elle savait avant de l’avant. Quand elle rêvait de ce troisième, elle connaissait déjà son prénom de garçon. Il surgissait au détour d’un lever, elle qui venait de langer le dernier.

 

Et le temps avait passé, et les garçons grandissaient, et la vie. Quarante ans est-ce bien raisonnable ? Lui, il avait les arguments. Elle, elle est perdue dans ses songes. Tu fais comme tu peux.

 

Que pouvait-elle ? Le combiné du téléphone en main, elle pleurait. C’était impensable cette table d’opération, ce geste médical. Elle pleurait. Elle recommençait le lendemain et la communication établie reposait l’appareil. Elle pleurait.

 

Elle dit : je le désire.

 

Il dit : tu as choisi.

 

Les mois passèrent dans une joie insoupçonnée, les grands qui rêvent tout haut, le dernier surtout qui attendait ce petit frère. Et le père attentionné.

 

Il arrive. Même pas un pleur. Juste ses grands yeux ouverts sur le ventre tout chaud de sa mère. Juste ce bonheur immense qui chavire ses parents. Juste les bras de ses frères qui le bercent et dont les sourires éclatants inondent le berceau d’une douce chanson d’amour.








par mpolly publié dans : humeurs communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Jeudi 3 avril 2008

Pour la
Petite Fabrique d'écriture:
mensonge, galéjade, surenchère, démesure, farce etc...




Ce matin de mon balcon je rêve.
Mon regard se porte au ciel et j'observe
comme d'habitude mon paysage familier.
Quelle surprise sur le clocher !
Une demi-lune se débat tout effarée
d'être accrochée à la croix bien fière.
Où est partie sa moitié ?
Elle désespère,
et lutte, lutte contre ce pique de fer.
Moi d'ici, je ne sais que faire
Mais cours chercher mon appareil
pour saisir ce moment sans pareil.
Dans la cuisine d'un geste mal calculé
envoie tout chaud valser le café,
un pied de chaise accroche mon pied
dans la porte je finis par cogner
qui bruyamment brise son cœur vitré.
Rien ne m'arrête, je saisis au vol l'objectif
file au balcon afin que cet instant fugitif
s'immortalise sur du papier glacé.


La lune s'est envolée.
Elle court vers sa moitié.
Et moi toute contrariée
je soigne mes mains blessées.

 


 


 

 


Vous y croyez ?
Vous avez tort à moitié
C'est
Vinnce qui m'a soufflé
quand je lui ai envoyé
cette photo ratée.
Il a imaginé
ma course effrénée
quand je suis allée chercher
de quoi faire un cliché.
Et je n'ai pas triché
parce que sur le clocher
la lune était bien accrochée.
Trop tard suis arrivée
pour la photographier.


 

 

 

par polly publié dans : le tout et le rien. communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 31 mars 2008

Parce que souvent les photographies de Bruno m'inspirent et qu'il a la gentillesse de me les prêter, je vous offre ces quelques mots.






En nuées noires,
deux feuillus nus, jumeaux, nerveux,
houspillent géométriquement
la femme resserrée sur sa frilosité,
et l'homme nonchalant
qui s'éloigne, muré.
Impossible rencontre, impossible partage.
La place vide et large résonne de silence.
Soupirs perdus des branches
dans le ciel gris d'un soir.


par polly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Mercredi 26 mars 2008

Pour la petite fabrique d'écriture: autour du verbe perdre.



J'ai perdu mes mots un soir où l'absence m'a ligoté la langue.
J'ai perdu l'envolée des mots, l'absence m'avait coupé les ailes.
J'ai perdu la saveur des mots quand l'amer de l'absence
culbuta mon matin.



Il a perdu ses mots dans des pages effacées,
ne reste qu'une antienne dans un psaume fragile.

Il a perdu ses mots, égarés dans la balle assassine d'enfants,
sur les sommets du monde, dans les creux des collines,
dans le sable des plages.
Il a perdu ses mots dans des douleurs anciennes qu'on ne saurait guérir
même à grands coups de cœur, même à grands coups d'amour.



J'avais perdu les mots et puis les ai trouvés rejaillis d'un soleil
Qui brillaient de blancheur sur des crêtes océanes
Et j'ai plongé profond pour en saisir le nacre.



Il avait perdu les mots et puis les a trouvés dans le chant d'un marin
Et n'a gardé en lui que douce mélopée, sirène des matins.
Et a plongé très loin pour s'en saisir enfin.


 

 

Ni le vent, ni la houle, ni même la tempête ne perdront plus les mots
Qui bercent, qui pleurent, qui crient ou font danser
Et s'emmêlent ainsi aux musiques du monde.


 

par polly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 24 mars 2008

Non, ce ne sont pas des photos de décembre (il a fait beau!).
C'était le jour d'après du printemps qui se tourne lui-même en dérision.



le vendredi 21 mars 2008


le samedi matin...

par polly publié dans : le tout et le rien. communauté : La gazette des blogs
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Jeudi 20 mars 2008

 
 
 
Le cercle de tes mains auréole mon enfance
 
berceau refuge et corne d'abondance.
 
 
 
tant de fois dans mes mèches rebelles
 
tes doigts osaient une caresse
 
et puis se détournaient
 
afin que l'émotion que ta main faisait naître
 
ne gêne pas l’enfant qui languissait d'être
 
et plus grand et plus fort et tu le devinais
 
toi qui avais vécu les mêmes tremblements
 
dans tes tourments d'adolescent
 
 
 
tes mains d'amour repliées sur ton journal
 
dans ce repos dominical
 
cherchent le fol espoir d'un gain
 
et cochent des noms pour un tiercé incertain
 
elles se taisent un moment
 
suspendues dans ton silence
 
ce silence des jours heureux
 
ce silence des jours moelleux
 
c'était du temps pour nous
 
une tendresse tendue vers nous
 
comme un enchantement
 
je l'entends dans ce silence
 
ton amour
 
 
 
ta main épaisse d'avoir bâti
 
ta main façonnée par le ciment
 
ta main maçonnée et blanchie
 
ta main calleuse infatigable
 
ta main à l'ouvrage inlassable
 
ta main jamais ne ment
 
je la regarde aujourd'hui
 
sur cette photographie jaunie
 
elle m'émeut m'émerveille
 
car elle est nue et simple et belle
 
dans son repos et son labeur
 
dans sa bonté et sa grandeur
 
cette douceur cette joie
 
ce bonheur cette foi
 
c'est le cercle de tes mains
 
qui s'arrondit encore pour moi
 
par amour

 
 
par polly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Vendredi 14 mars 2008
 
Je dépoussière Magritte, la paresse est la plus forte en ces jours.
Bonne lecture.



Ecrire autour d’une image. Proposition d’Azalaïs.

 

 
 
Magritte, la condition humaine 1.
conditionhumaine.jpg3.jpg

- Dis René, pourquoi tu n’as pas peint les enfants qui jouaient dans le champ ?

 

- Parce qu’ils sont trop vivants.

 

- Tu refuses de peindre les vivants ?

 

- Sauf toi ma Muse.

 

- Mais ça veut dire que je ne suis pas vivante alors ?

 

- Ça veut dire que tu es vivante dans mon œuvre.

 

- Et pas dans ta vie ?

 

- Sans toi je n’aurais pas de vraie vie, je n’aurais que mes pinceaux, et ce n’est pas la vie, seulement des morceaux de ce que je vois. Toi, je te vois toute entière.

 

- Et les enfants ? Tu ne les vois pas ?

 

- Je leur épargne l’immobilisme éternel dans un carré de toile aussi grand fut-il.

 

- A nous tu ne l’épargnes pas, est-ce notre cimetière ?

 

- On se souviendra de notre amour comme immortel.

 

- Mais ces enfants mettaient de la gaîté dans le jardin.

 

- Et mon tableau n’est pas gai ?

 

- Je ne veux pas dire ça, René, dans ton tableau on t’imagine devant ta toile, sérieux et concentré.

 

- Tu te trompes, ma Georgette. Il ne raconte pas le peintre, seulement son regard, il montre que l’image est à jamais limitée, et que la vie est hors d’elle, il montre la fausseté de l’image. La toile devant la fenêtre n’est pas la toile du peintre, tout n’est qu’illusion.

 

- Tu te moques René.

 

- Oui, je me moque du monde qui prend tout ça très au sérieux.

 
 
Magritte, la condition humaine 2
magritte-human-condition.jpg2.jpg
 

 

- Dis René, pourquoi tu n’as pas mis les gens sur la plage ?

 

- Je leur évite le ridicule, ma Tendre Muse.

 

- Tu les trouves ridicules ?

 

- Absolument. Avec leurs horribles bonnets, leurs maillots, leur impudeur.

 

- Moi je les aimais bien, la plage était vivante avec tout son bruit.

 

- Et moi je désirais le silence et je le désire encore si tu te tais un peu.

 

-

 

-

 

-

 

-

 

- Hum !

 

- Oui, Georgette ?

 

- J’aime beaucoup ce que tu as peint, tu élargis la plage, le ciel et la mer, on a une impression d’infini… ces couleurs sont apaisantes.

 

- Moi j’aime beaucoup le tricot que tu es en train de me faire, et je languis l’hiver pour pouvoir le porter.

 

ren---magritte.jpg


images source Google.
par mpolly publié dans : Jeux d'écriture communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Jeudi 13 mars 2008


Pour la gazette , les équipières nous proposaient une ronde poétique qui devait commencer par une lettre malencontreusement  reçue, les deux premiers vers de la chanson de Renan Luce..



Aujourd'hui j'ai reçu par erreur
Une lettre, maladresse de facteur
Je n'ai pas de suite vu l'adresse,
Je l'ai ouverte dans le stress.

 
C'était un courrier où l'orthographe
Acceptait vaillamment d'être mise
A mal, un enfant y parlait girafes
Clowns chahuteurs et tour de Pise
 Captaine Lili

 


Mes mains tremblaient tellement
Que la lettre m'échappa soudain
Point donc de fin à mes tourments
Car elle chut dans l'eau de mon bain.
 Enriqueta

 


C'est alors d'un geste vif et furtif

Que j'ai tenté de la sauver

Mais c'est par cet acte agressif

Que la missive a coulé et l'encre s'est diluée

Cacyope

 
 
 

Alors dans l’enveloppe fripée
Je glisse la lettre que j’ai séchée

Et m’en vais chercher l’enfant

Lui répéter tous les mots dedans.

 
 
 

Quelle ne fut pas ma surprise
De découvrir à l’adresse indiquée

Un vieux monsieur à l’allure grise

Par mes efforts tout chaviré.



 


par polly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : La gazette des blogs
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Mardi 11 mars 2008


undefinedphoto de Bruno.
 


Dans ce pré de blancheur,
je t’aime encore.
Je t’aime et te regarde captive du givre.
Je t’aime malgré les ans
qui ont rogné tes branches.
Silhouette rigide, silhouette fragile
que la neige embellit.
 

Dans ce cimetière d’hiver
où des stèles de bois
se tordent à la morsure du froid,
je devine tes tourments de glace.
Tu es là, droite et fière, impassible.

 

Et dans tout ce blanc qui prospère,
mon amour pour toi se déploie en couleurs.

 
 
par polly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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intro

Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.

 

Et que vogue le blog.



 




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