Jeudi 7 février 2008
 
Absente quelques jours, je vous offre ce poème... et je reviens bientôt.


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 Je vous offre ses 20 ans  
            Des rires sans larme.
Je vous offre ses 20 ans
                    Mais ne vous y trompez pas
                                   Cette fille n'existe pas

  Sur la plage sans drame
                Un soleil de brume.
                        Elle avait perdu ses larmes
                                                Sur le froid du bitume

    Je vous offre ses 20 ans
                Le sourire d’une fête
                    d’une danse d’un chant
                      de ses doux chiots tendresse

    Je vous offre ses 20 ans
                                       De fer.

    Ces sourires artificiels
                Ces cheveux jamais coiffés
                                        Ce hâlé naturel
                                            Ce faux repos ensablé
                                                                N’existent pas

    Ils voguaient sur une comète
                        qui les a emportés.

 Je vous offre ses 20 ans
        Des rires sans larme
 Je vous offre ses 20 ans
        Mais ne vous y trompez pas
                            Cette fille n’existe pas

  Elle avait perdu ses larmes
            Sur les mots durs de l’enfance
                               une désespérance
                                          sous influence
                                          Illusions drapées de rires
                                                         Qui s’engloutirent
                                                             Dans l’amer glacé d’hier



Elle a perdu ses 20 ans
Et les offre au tout venant
Cette fille n’existait guère
Dans son monde de travers



 
 
 
 
 
 
 
par polly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Jeudi 24 janvier 2008
 
Pour la petite fabrique d'écriture, un mot répété.



Chagrin,
tu vas, tu viens.
Chagrin du matin sur des mots effacés

L’océan impuissant à taire le chagrin,

la tête immergée.

Le pont bleu où ne roule plus la Ford défoncée

et le baiser salé oublié.
Chagrin
tu viens

installé dans les pages inoccupées

mes yeux aveuglés.
Chagrin du soir et du matin
de la journée.
 

Chagrin malin qui cherche à oublier

l’enfant silencieuse qui lisait dans la guerre

et les balles dorées fichées dans l’enfer.

 

Chagrin mêlé au silence fragile

d’une aile malhabile

qui ombre l’oeil cerné de bleu

sans flamme, sans feu
Chagrin nu plein de rêves
et qui sans trêve
engloutit les mots volés,
les mots cachés.

La musique au bord des lèvres

et la voix chaude crève
les bulles de chagrin.
 

Sur le fil des envies, des lambeaux

comme de la chair en morceaux
qui ne sauraient plus dire
qu’il ne faudrait plus dire

les grands cœurs, les sourires

et les mains
sans chagrin.
 
 
 
 
par polly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Jeudi 24 janvier 2008



Pour les impromptus, le thème de la semaine: la fragrance des mots.
Comme Rimbaud avait donné des couleurs aux voyelles, on pouvait s'en sinspirer pour leur donner des odeurs.

Aspergez-vous de votre parfum préféré, mes voyelles sont nauséabondes.



A
d’épicéa, abri odorant sur un flot gras de mousse qui écoeure les cœurs égarés sous les piques, senteurs fades moisies d’humidité chagrine d’un malheur qui se cache.
 
E

enflé d’églantiers qui entêtent de senteurs le printemps de ceux qui n’ont d’aromes  que le béton armé, et de floraison le massif imposant au rond-point d’un quartier empli de ses pétales.

 
I

de l’if inodore qui orne le cimetière où s’invitent aussi des fleurs artificielles, des plaques de regrets et des fientes d’oiseaux sur les dalles glaciales de marbre zébré de gris.

 
O

comme l’eau du canal emboucanée d’un marché qui flétrit son cours de poissons, de fruits, de viande qui pourrissent, et de poches en plastique quand surgit au détour le noyé de la veille.

 
U

tel la vasque nauséeuse d’un matin de colère quand la nuit fut d’enfer, les mots vomis empuantis d’amer, les coups trop vigoureux, le sang âcre sur l’émail et la mort juste au bout.




par polly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Vendredi 18 janvier 2008



J'ai été taguée par Camomille... pour les dix envies requises: mes propositions.
 


Des envies qui tournent sur la piste comme mille valses à mille temps, un tango si charmant, un rock ébouriffant.

 

Des envies qui caressent l’oreille comme dix chants à dix voix, un tendre et simple blues, un timbre grave et doux.

 

Des envies qui chauffent les méninges comme un texte à deux mains, une envolée de vers, un phrasé musical.

 

Et le monde qui tourne de travers, une envie de le remettre à l’endroit.

 

Des envies qui dévorent des pages comme mille recueils réjouissants, un roman qui mène dans les hommes, une Marika qui vient de Srebrenica.

 

Des envies qui emplissent mes yeux, comme dix ballets éblouissants, un film décapant, un spectacle de baobab.

 

Des envies qui enivrent ma peau comme une main de velours, un geste lent et bon, un baiser de lutin.

 

Et le monde qui tourne de travers dix envies de le remettre à l’endroit.

 

Des envies qui partagent mes joies, comme mille éclats émerveillés, un regard étonné et rieur, un cœur qui bat de bonheur.

 

Des envies qui effacent les peines, comme dix doigts de fée, un vœu de paix et d’amitié, un océan d’amour.

 

Des envies qui tuent les armes, comme un abri pour les petits, une chaumière chaude et douce, une récolte partagée car il n’y a pas d’étrangers sur  Terre.

 

Et le monde qui tourne de travers, mille envies de le remettre à l’endroit.




Qui a envie, propose ses envies....

par mpolly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : La gazette des blogs
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Dimanche 9 décembre 2007

Proposition n° 26 pour écriture ludique.
Sur une toile d'Al.Maury.



Al-Maury-02.JPG

Dors, dors, dors douce fée
 
Ta paupière se clôt sur l’immense forêt
Emplie d’odeurs de brugmansias et d’orchidées
Et le grand lys qui ploie sous ton charme doré
cèle la lèvre avide de l’ardent sorcier.
 
Rêve encore jolie fée
 
Les couleurs d’océan traversent tes pensées
Emplies d’odeurs de sel, d’algues et de marée
Le grand lys t’attire vers ses vertes contrées
Là où sourit patient le grand et beau sorcier.
 
 
Il t’attend belle fée
 
Peau diaphane emmêlée à sa douceur ambrée
Roulements, tangages, parfums et volupté
Sous l’ombre du grand lys qui déploie désiré
L’enfant ébène et blond au sourire mêlé.





Pour lire l'autre poème imaginé sur la deuxième toile d'Al Maury: cliquez ICI

par mpolly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : Ecriture Ludique
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Lundi 26 novembre 2007


Sur une proposition d'Azalaïs et sur une toile d'Al. Maury.


Al-Maury-01.JPG

Œil fermé dans l’amer
Œil fermé à l’air mordant
Œil ouvert dans la mer
Parfums marins envoûtants
 
Œil fermé au chagrin
Œil fermé à l’air marin
A l’orée du réveil
Œil ouvert au sommeil
 
Et glissent impossibles
Le corps mouillé d’espérance
Et le visage impassible
Du disparu dans le silence
 

Voilier perdu au plus lointain
Et qui revient en glissant

Comme un cygne incertain
Dorer les vagues du présent.
 
Œil fermé dans l’amer
Œil ouvert dans la mer
Flotte, flotte étrange signe
Le cœur cogne et se résigne.




 

par mpolly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Mercredi 21 novembre 2007

Papier libre nous proposait d'écrire autour de ce tableau.

Degas, l'absinthe                
edgar-degas-01.jpg
 

Soudain il est lointain, soudain elle est lointaine.
Dans le regard de l’une l’absence se précise,
Dans le regard de l’autre la rétine s’égare
Sur les belles passantes qui ornent le café.

 

Sur la table de marbre couleur de marjolaine
Le verre tambourine l’oubli de toute crise.
Lui demeure dans sa pipe et sa fumée s’égare
Vers les belles passantes qui ornent sa journée.

 

Elle l’avait épousé robe blanche avec traîne
Ce beau peintre barbu dont elle était éprise.
Il l’avait mariée, mais las d’elle il s’égare
Sur ces belles passantes qui jouent dans ses soirées.

 

Engloutie par tristesse cette fiole de haine
La ramène transie dans l’absurdité grise,
Pendant qu’il l’abandonne, car déjà il s’égare
Sur la belle passante qui trémousse à côté.

par mpolly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Samedi 17 novembre 2007



proposition de Papier libre: un jour de la semaine que vous aimez ou détestez.
 paradi.JPG

Ah ! le jeudi magnifique! Je lui faisais son lit dès l’éveil pour les jeux qui germaient.

 

Je filais vers les arbres avec les copains, maman criait reviens, mais j’étais dans les branches. En indien fanfaron, je narguais le cow boy qui voulait ma capture, et chantant à tue tête je me moquais des garçons arrogants qui se croyaient si forts. J’étais aussi Tarzan, mais là je me méfiais, des singes plus dégourdis pouvaient me rattraper.

 

J’enrôlais les voisines dans mes jeux de garçon, mais les poupées niaises les attiraient bien mieux. Me réfugiant alors auprès des plus grands, je gagnais aux billes et parfois je perdais.

 

Plus tard, en bicyclette, je filais plus loin, jouer le petit théâtre pour les gens du village. Je gambadais aussi par monts et merveilles ramasser les noisettes qui feraient les dînettes. Et les jupes froissées, et même déchirées, me valaient souvent de vastes remontées, quand je rentrais crotteuse au seuil de la maison, ma mère désespérée me frictionnait sévère.

 

Un jeudi, sans doute, je tombai dans un livre, et ma mère soulagée enfin fut rassurée. J’étais bien une fille, sage dans son lit de papier. Elle déchanta très vite, car des héros géniaux me transportèrent bien loin. La danseuse sur ses pointes dont elle avait rêvée, la pianiste virtuose que mon père attendait voyageait seule hors de leur monde fermée.

 

Mes rêves, ma récré, mon petit chez moi à moi,
ma solitude, mon refuge,
c’est toujours le jeudi.

par mpolly publié dans : vous avez dit poésie? communauté : papierlibre
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Vendredi 5 octobre 2007
Toile de Picasso
(image source google)

des mots des mots des mots
qui hurlent sur le silence
picasso.jpg
des mots qui pleurent
des mots qui volent
des  dos des dos des dos
des dos tournés d'indifférence


rien n'est dit
tout est tu
regard désert geste suspendu

inutile chagrin qu'un souffle briserait.

clic clac les mots qui claquent sous la dent

s'enroulent sous la langue
s'engouffrent dans la gorge
s'étouffent dans le corps
pif paf les maux éclatent

plaies infectées
plaies grangrénées

inutile souffrance qu'un regard briserait

un mot un mot un mot

dernier signe fugace
avant l'isolement

dernier cadeau de mots effaçant le mépris  
  
dernier cri dernier pleur
dernier chant                                                                     

inutile douleur qu'un geste briserait
par mpolly publié dans : vous avez dit poésie?
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Lundi 27 août 2007

 

 

Sous le bras du monsieur était serré un livre. Il allait d’un bon trot le monsieur, et le livre par la même occasion. Ils allaient donc vivement vers le lien qui les unirait bientôt : le lien des mots.

Mais voilà que le livre goutte à goutte, ou plutôt lettre à lettre, perdait ses mots. Chaque lettre, doucement s’extrayait de la page qui pâlissait peu à peu de se vider de son encre. Chacune virevoltait légèrement avant d’atteindre l’humide et salissante chaussée. Et des pieds immondes, larges, puants, crasseux, boueux, sur des semelles effrayantes écrasaient les lettres. 

Un « o » osa un gros cri de ohohoh! malheureux.

Un « a » aboya un gros cri de ahahah! douloureux.

Un « i » hennit un gros cri de hihihi! souffreteux.

Un « é » évita de justesse une pointure mordante et s’écria d’un hé! attention là-haut !

Un « p » péta de toutes parts.

Un « b » broyé expira pendant qu’un « q » cahoté crachota un « que...que...que se passe-t-il? ».

Aucune chausse, cependant, ne s’émut de leurs plaintes.

Un enfant passait par là; un enfant tout petit, si petit qu’il sut lire la détresse qui s’affichait sur le trottoir. Alors, une à une , il ramassa les lettres; une à une il les défroissa; une à une, il les entassa dans sa paume. Il suivit, tel un petit poucet, la trace du livre qui saignait. Il se trouva près de lui, si près qu’il en vit encore tomber des lettres. Il les cueillit aussitôt.

il tira sur la veste du géant qui achetait son tabac, insoucieux du malheur qui crissait dans les pages serrées sous son bras.

-          Hé ! que veux-tu petit ?

-          Votre livre perd ses lettres. 

L’homme hésitait entre le rire et la colère. Avait-on jamais vu livre perdre ses lettres ! On se moquait sûrement !

- T’es mignon mais tu as de curieuses façons, allez, lâche-moi et file, dit-il à l’enfant.

L’enfant fixait la barbiche grise, autoritaire et inébranlable. Il tendit la main pour prouver sa bonne foi.

- Regardez ! je vous ai suivi à la trace des lettres. Je vous les ramène.

L’homme se pencha sur la paume pleine et reconnut les caractères des mots. Mais il restait perplexe : quelle bonne blague lui préparait-on ? L’enfant pointa l’index sur le livre qui pleurait toujours. Il aperçut enfin l’horrible vérité.

- Ciel ! mais je rêve ! s’exclama-t-il.

il se pencha à nouveau vers la main puis ouvrit le livre qui d’emblée imposa la page malade. D’autres lettres prêtes à glisser, gisaient dans tous les sens.

L’homme acheta un tube de colle et s’installa avec l’enfant sur le banc le plus proche. Ils se mirent tous les deux, avec application, à recoller les lettres.

- Tu es un brave petit ! Que veux-tu en récompense ?

- Tu peux me lire ton histoire.

- Elle serait trop compliquée pour toi... mais je vais au moins te lire la page réparée.

Et il tenta de déchiffrer l’incompréhensible. Les lettres s’emboîtaient dans des mots inconnus, inattendus, fous. Les phrases n’avaient plus de sens, elles se perdaient dans d’anarchiques constructions.

«  Je le me qarbue patéyasse philoménie te sera... »

« Lésabel baillit à la trempe détronquée et tordit la hampe chagrineront bouillon... »

« Choré qui crapouille à la carte cahier coûterait ciboulette... »

L’enfant ravi riait en découvrant cette langue nouvelle.

-          ça fait comme des bulles de savon qui éclatent, dit-il à l’homme désappointé.

-   Mais comment je vais comprendre mon histoire maintenant? répondit l’homme qui ne goûtait guère cette plaisanterie des mots.

-     C’est simple, dit l’enfant, tu en inventes une autre.

 

                                                                      

 

par mpolly publié dans : vous avez dit poésie?
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juste pour vous...


Sur les conseils de
Quichottine, j'ai créé une page juste pour vous.
Si vous n'avez pas le temps, ou que le billet ne vous intéresse pas, ou que vous n'avez pas envie pour l'instant, vous avez peut-être quelque chose à me murmurer...
cest
ici.

intro

Décider follement d’éditer sur le Net quelques nouvelles et autres fantaisies est à la fois constructif et dénudant. Dénudant parce que nos fragilités, nos travers, nos tics et nos tocs s’exposent sans vergogne. Constructif parce que les mots plus ou moins bien enchevêtrés deviennent notre château en Espagne, notre moulin à vent, notre petite maison dans la prairie… L’écriture est mon petit fort dans le sable, l’écume qui en efface les traces, un éphémère dans la lumière d’un soleil voilé. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas la vie mais elle donne l’élan ou le recueillement qui manquent dans le tourbillon d’un monde qui ne tourne pas très rond.

 

Et que vogue le blog.


 



Ceux qui luttent ne sont pas certains de gagner, mais ceux qui ne luttent pas sont déjà sûrs d'avoir perdu.





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